Pénurie des médicaments dans les hôpitaux : Les médecins dénoncent, le ministère dément

Pénurie des médicaments dans les hôpitaux : Les médecins dénoncent, le ministère  dément

La pénurie porterait sur des médicaments hospitaliers vitaux, notamment les drogues à des fins d’anesthésie, la morphine, les antalgiques et les antibiotiques.

Le constat est alarmant. Les hôpitaux publics font face à une pénurie de médicaments, y compris les services des urgences. C’est du moins ce qu’a souligné Dr Youssef Elkhayati, secrétaire général du bureau des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes de l’Organisation démocratique de la santé (ODT) et membre de l’ODT. Ce dernier tire la sonnette d’alarme quant à cette situation qui perdure depuis dix mois. Selon ce dernier, la pénurie porte sur des médicaments hospitaliers vitaux, notamment les drogues à des fins d’anesthésie, la morphine, les antalgiques et les antibiotiques. «Nous ne trouvons pas les médicaments nécessaires pour sauver la vie des patients qui arrivent en état d’urgence. Nous ne disposons même pas de bétadine pour opérer nos patients», déplore Dr Elkhayati.

Ce dernier pointe également du doigt la mauvaise gestion de la répartition des médicaments. «En raison des achats groupés, nous nous retrouvons souvent avec des médicaments dont nous n’avons pas besoin», signale Dr Elkhayati. De son côté, la division de l’approvisionnement au sein du département de la santé réfute les allégations des médecins du public. «Il n’y a pas de pénurie des médicaments dans les hôpitaux publics. Durant les mois de décembre et de janvier, il y a eu un léger manque de médicaments au niveau du stock central. Et par conséquent, il y avait un manque de quelques médicaments dans certains hôpitaux», explique le responsable de la division de l’approvisionnement.

Cette situation est sur le point d’être réglée conne nous le confirme notre source au ministère de la santé «Actuellement, nous avons reçu des quantités importantes de médicaments et nous avons déjà entamé leur distribution au niveau des structures hospitalières. Dans quelques semaines, le problème sera réglé. Tous les hôpitaux recevront les médicaments nécessaires». Ce responsable signale par ailleurs : «Il n’y a pas de circonstances particulières qui font qu’il y ait un retard de livraison des médicaments. La distribution des médicaments se fait chaque trimestre en fonction des commandes annuelles des hôpitaux publics. C’est sur la base des commandes que nous lançons les appels d’offres». Autrement dit, ce sont les hôpitaux qui sont responsables de la sélection des médicaments à commander sur la base de la nomenclature nationale. L’acquisition des médicaments se fait par le lancement des appels d’offres conformément aux dispositions du décret du 20 mars 2013 relatif aux marchés publics. Ensuite, la division approvisionne les hôpitaux et les centres de santé.

Signalons que la mise en œuvre de la nouvelle stratégie d’approvisionnement des médicaments est basée sur le modèle de la centralisation des achats qui permet au ministère de faire des économies en assurant la disponibilité des produits pharmaceutiques à un meilleur coût dans les établissements de santé. Par ailleurs, le responsable de la division de l’approvisionnement fait remarquer que le budget consacré aux médicaments pour les hôpitaux publics et les centres de santé a connu une hausse importante ces dix dernières années en passant de 640 millions DH en 2008 à 900 millions DH en 2018 et 500 millions DH pour le programme de santé publique. «Le transport des médicaments destiné à être distribués au niveau des hôpitaux et des centres de santé coûte annuellement 13 millions DH au ministère de la santé», conclut-il.

Hôpitaux publics : Une nouvelle nomenclature pour les médicaments

La liste nationale des médicaments et des dispositifs médicaux destinés aux hôpitaux publics et centres de santé a fait en 2017 l’objet d’une révision. Une circulaire du ministère de la santé avait  été émise à l’attention des directeurs régionaux de la santé. A travers cette circulaire, le ministre de la santé avait invité les directeurs à assurer une large diffusion de cette nouvelle liste auprès des services et des professionnels utilisateurs des médicaments et des dispositifs médicaux afin que ces derniers puissent préparer leurs commandes annuelles sur la base de cette nouvelle nomenclature.

Cette mise à jour est destinée à améliorer l’accès des citoyens aux médicaments essentiels au niveau des établissements de soins relevant du ministère de tutelle. Cette révision de la nomenclature nationale a été réalisée sur la base des besoins formulés par les différents établissements de soins et ce en tenant compte de la disponibilité sur le marché national des produits pharmaceutiques. A noter que les produits de radiologie ainsi que les produits détergents et les désinfectants utilisés dans le domaine de la santé peuvent être acquis dans le cadre de l’achat centralisé.

Fonds spécial de la pharmacie centrale : 1,9 milliard DH affecté pour 2018 

Les dépenses du Fonds spécial de la pharmacie centrale sont appelées à augmenter. Pour cela, un montant de 1,9 milliard DH est programmé pour cette année en raison de l’accroissement du nombre de malades utilisant les services de santé publique et l’apparition de nouvelles pathologies nécessitant une prise en charge en termes de traitement médicamenteux.

Signalons que les recettes du Fonds proviennent des dotations budgétaires inscrites au budget de fonctionnement du ministère de la santé. Selon le rapport sur les comptes spéciaux du Trésor accompagnant la  loi de Finances 2018, le montant des recettes du Fonds s’est élevé à 3,32 milliards DH en 2016 contre 3,95 milliards DH en 2015. Pour leur part, les dépenses réalisées se sont chiffrées à 1,39 milliard DH en 2016 contre 1,66 milliard DH en 2015. Ces dépenses ont été destinées aux achats groupés de produits pharmaceutiques en vue d’assurer un approvisionnement régulier des centres hospitaliers provinciaux et régionaux, des établissements de santé. Elles ont également été consacrées à la prise en charge de nouvelles pathologies, la mise en place de nouveaux protocoles pharmaceutiques et l’élargissement des bénéficiaires du Ramed.

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