Perception relative des droits et devoirs

Après l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH), l’Association marocaine des droits humains (AMDH) publie , à son tour son rapport.
Pour l’OMDH, les dérapages observés, récemment, au niveau de l’exploitation du droit à la liberté d’expression à des fins contraire à la morale suscite de sa part de vives réactions.
La presse, souligne la déclaration de l’OMDH, est un moyen d’information et non de diffamation et d’atteinte à la dignité des citoyens. Et de préciser qu’elle refuse que la presse devienne un moyen d’incitation à la violence ou de propagation du racisme.
L’organisation de Abdellah Ouelladi a cité, à cet effet, les cas de Abdelbari Zemzemi qui a porté atteinte à la dignité du défunt Mahdi Benbarka.
L’accent a été, également, mis sur d’autres faits, telle la diffusion d’une photo d’enfants nus, la campagne de dénigrement perpétrée à l’encontre de Hakima Chaoui, poète et membre de l’AMDH et l’acharnement du directeur de l’hebdomadaire «Demain» contre le Premier ministre et de bon nombre de personnalités politiques.
En revanche, du côté de l’AMDH, l’on déplore, dans un rapport annuel présenté mercredi 15 mai 2002, lors d’une conférence de presse à Rabat, «l’absence d’avancées notables» en matière de droits de l’Homme au Maroc en 2001. «Les avancées antérieures, relatives, limitées et fragiles, n’ont pas connu d’élargissement ou de consolidation en 2001, laissant le Maroc loin de l’édification de l’Etat de droit», souligne notamment l’AMDH dans ce rapport.
Plusieurs pouvoirs d’Etat sont «délégués à des conseils consultatifs sans légitimité démocratique», assure le rapport.
Le président de l’AMDH, Abdelhamid Amine, a indiqué que son association refusait toujours de participer aux travaux du Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH), créé en 1990 pour régler les dossiers des droits de l’Homme.
«C’est un organisme semi-public qui ne jouit d’aucune indépendance», a-t-il assuré.
L’AMDH a dressé, fin 2000, une liste de 60 personnes détenues, selon elle, pour des raisons politiques et critiqué des déclarations officielles selon lesquelles il n’y aurait pas de prisonniers politiques au Maroc. Avec des libérations survenues en 2002, les détenus politiques sont actuellement au nombre de 45, a précisé un responsable de l’Association.
L’absence d’avancées en 2001, selon l’AMDH, concerne également le non-rétablissement de la vérité sur les «atteintes gravissimes» aux droits de l’homme durant les 40 dernières années.
L’Etat marocain, assure l’Association, refuse toujours aux victimes et à leurs familles de connaître la vérité, de récupérer les dépouilles des disparus décédés en captivité, d’interpeller les responsables de ces atteintes aux droits de l’homme et d’offrir des garanties pour qu’elles ne se reproduisent pas.
L’association a également déploré six cas de décès dans «les locaux de police» en 2001.
Concernant les droits économiques, sociaux et culturels, l’AMDH a enregistré une «régression» en 2001. L’Association cite notamment un taux de chômage qui dépasse les 20 %, la fermeture de plusieurs usines et l’habitat insalubre.

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