Périple royal : Dernière ligne droite

Périple royal : Dernière ligne droite

Cette visite ne manquera pas de renforcer une coopération bilatérale déjà amorcée notamment dans les secteurs de la formation des cadres de l’énergie et des mines. La formation des cadres nigériens au Maroc constitue le volet essentiel de cette coopération.
Chaque année, les universités, écoles et instituts marocains forment entre 40 et 50 diplômés nigériens. À l’heure actuelle, 281 étudiants dont 251 boursiers suivent une formation au Maroc, principalement dans des filières scientifiques, économiques et juridiques.
Des stages de perfectionnement sont également organisés chaque année par l’Institut supérieur de la Magistrature (ISM), l’Office national de l’Eau potable (ONEP), le Centre de Formation douanière de Casablanca, l’Institut de Formation aux Carrières de Santé de Rabat et l’Institut de Formation aux Engins et à l’Entretien routier (IFEER) de Skhirat. Un protocole d’accord dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a été signé le 26 mars 2004 à Rabat, dans le but de renforcer la coopération en la matière.
Ce document est destiné à développer la « coopération directe » entre les universités et les établissements de formation de cadres et de recherche scientifique des deux pays. En vertu de cet accord, des enseignants-chercheurs marocains sont appelés à effectuer au Niger des missions d’enseignement et de recherche, alors que des chercheurs nigériens sont invités à effectuer des séjours de recherche au Maroc, au sein des réseaux thématiques de recherche.
Dans le secteur minier, le groupe MANAGEM, pôle minier de l’ONA, est l’opérateur principal de la Société des Mines du Liptako (SML) qui exploitera les gisements aurifères de Samira Hill et Libiri (Ouest). De par le montant engagé (27 millions de dollars US), le nombre d’emplois qui seront créés (140 emplois directs et 220 emplois indirects) et la production escomptée, le projet SML apparaît comme le plus important investissement jamais réalisé au Niger depuis plusieurs années. De même, des missions de géologues marocains de l’Office chérifien des Phosphates (OCP) et de l’Office national des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) se sont rendues au Niger en mai 2004, pour évaluer les potentiels en phosphates et en cassitérite ainsi que les moyens à mettre en oeuvre pour leur exploitation. La coopération bilatérale dans ce secteur s’est renforcée par la signature, le 28 avril 2003 à Rabat, d’un accord-cadre visant à encourager la coopération technique dans les domaines de l’énergie et des mines.
En matière de développement durable, les autorités nigériennes ont sollicité le Centre de Développement des Energies renouvelables (CDER) pour l’organisation d’une exposition sur les technologies les mieux adaptées aux conditions du Niger, et ce en marge du Forum national sur les Energies renouvelables qui s’est tenu à Agadez (Nord) du 18 au 20 février 2003. Le CDER a manifesté sa disposition à apporter son soutien au Niger dans la mise en oeuvre d’un programme de renforcement des capacités dans ce domaine, portant principalement sur la formation technique qualifiante et le soutien à l’émergence d’un tissu industriel compétitif.
Dans le cadre de l’aide financière quadriennale (2000-2003) de 10 millions de dirhams, allouée au Niger, trois tranches ont déjà été débloquées et ont servi à l’achat de semences sélectionnées pour soutenir les campagnes agricoles. D’autre part, et suite à une requête du gouvernement nigérien, le Maroc a octroyé en avril 2004, à titre de don, 5.000 litres de produits destinés à la lutte antiacridienne dans le nord du Niger.
Même si quelques entreprises marocaines ont réussi à s’imposer au Niger, notamment dans les secteurs de l’électricité et de l’eau potable, le nombre des opérateurs marocains engagés dans des projets de développement dans ce pays reste toutefois en-deçà des aspirations des deux parties. Aussi, les autorités nigériennes encouragent-elles les entreprises marocaines à s’implanter au Niger pour pouvoir accéder aux marchés de l’Union économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui représente 200 millions de consommateurs. Pour ce qui est des échanges commerciaux, ils demeurent faibles en volume et en valeur avec un solde commercial nettement en faveur du Maroc.
Pourtant, le Niger est concerné par la décision royale de la levée des barrières douanières pour les produits de base originaires des Pays africains les moins avancés, annoncée lors du Sommet Europe-Afrique au Caire en avril 2000. Cette décision prévoit une exonération totale du droit d’importation pour une liste unique de certains produits tels le cuir et le coton, dont le Niger entend faire un créneau porteur de son économie.

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