Perpétuité pour Rahmani

Perpétuité pour Rahmani

Après de longues années de suspense, le Marocain Abdelhafid Rahmani a été jugé, vendredi dernier coupable de meurtre au premier degré et d’intrusion armée par un tribunal de Floride. M. Rahmani, incarcéré en Floride depuis 1996, était poursuivi dans l’affaire du double homicide de sa femme et de l’amant de celle-ci, un Egyptien du nom de Medhat Zamzam. M. Rahmani, qui était passible de la peine capitale, conformément à la législation de la Floride en la matière, a été condamné à la prison à vie sans possibilité d’amnistie, par le juge O.H Eaton, qui a prononcé son verdict au tribunal de la localité de Winter Park, en Floride. La défense de l’immigré marocain avait, entre autres, fait valoir le caractère passionnel du crime et les circonstances particulières l’ayant entouré. S’agissant des déclarations faites par Abdelhafid Rahmani immédiatement après le crime et interprété comme des aveux de sa culpabilité, la défense a invoqué la méconnaissance de la langue anglaise et de la législation américaine de la part d’une personne alors nouvellement immigrée aux Etats Unis. M. Rahmani compte interjeter appel, a indiqué son avocat, précisant que le tribunal allait lui assigner un avocat commis d’office. M. Rahmani n’est pas un criminel. Il a été trahi par son épouse. Pour se venger ou plutôt laver son honneur, il a procédé à l’élimination physique de sa femme ainsi que son amant dans leur chambre à coucher en 1995. Abdelhafid et son épouse étaient tous les deux des employés dans un fast-food appartenant à l’Egyptien du nom de Medhat Zamzam qui deviendra l’amant de la femme. Dès les premières semaines, l’immigré marocain constate que le patron s’intéresse beaucoup à son épouse. Une question de galanterie, a-t-il pensé. A peine un mois, Souad annonce à son époux que l’Egyptien accepte de les aider à s’installer définitivement en Amérique. Comment ? La jeune épouse devrait contracter un mariage blanc avec Zamzam. La formule lui permettra d’obtenir la carte de séjour et plus tard la nationalité américaine. Abdelhafid, confiance aveugle, accepte. Il croyait que son épouse voulait vraiment l’aider. Le mariage blanc ne le restera pas. Deux mois plus tard, la femme ne donne plus signe de vie. Elle lui a laissé à la maison un petit bout de papier lui indiquant qu’elle est en voyage au Maroc. Rahmani tente de la joindre par téléphone chez sa famille à Kénitra. Mais en vain. Quelques jours plus tard, la femme le contacte au téléphone et lui annonce clairement qu’elle est légalement, selon la législation américaine, l’épouse de l’Egyptien Zamzam, en lui proposant de rester dans son boulot au restaurant du nouveau mari. Abdelhafid a tout perdu. Son emploi de banquier à Kénitra, pour aller travailler comme serveur. Son honneur. Toute sa vie. Trahi. Abattu. La vengeance. Il n’hésite pas un moment. Il achète un revolver et se dirige vers l’appartement de l’Egyptien. Il y accède par effraction jusqu’à la chambre à coucher et tue froidement les deux amants. Une immigration, qui commence par l’amour et le rêve de l’Amérique, se termine dans les geôles de la Floride.

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