Personnel de santé : 6.000 postes budgétaires par an pour résorber la pénurie

Personnel de santé : 6.000 postes budgétaires par an pour résorber la pénurie

10.295 partiront à la retraite à l’horizon 2025

6.687 fonctionnaires du ministère partiront à la retraite par atteinte de la limite d’âge dans 5 ans, ce qui représente 14% de l’effectif du personnel actuel.

La situation des ressources humaines dans le secteur de la santé est marquée par un déficit quantitatif et qualitatif qui est devenu alarmant. Le plan Santé 2025 qui a été publié sur le site du ministère de la santé signale que l’OMS situe le Maroc parmi les 57 pays du monde qui présentent une pénurie aiguë en personnel de santé. Les chiffres du ministère font état de 47.364 professionnels dans le secteur public (médecins, dentistes, pharmaciens, sages-femmes et infirmiers), soit un ratio de 7,3 médecins pour 10.000 habitants et 9,2 infirmiers et techniciens de santé pour 10.000 habitants. Dans le public, on dénombre seulement 4.792 médecins généralistes contre 9174 médecins spécialistes. Le personnel paramédical du secteur public (infirmiers, auxiliaires, assistants médicaux et adjoints de santé, techniciens spécialisés…) totalise 32.040 personnes dont 7.455 exercent au niveau des CHU.

40% des professionnels du public dans les régions de Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra

La répartition régionale des professionnels de santé montre que 40% des ressources humaines du public et 60% des professionnels des deux secteurs sont concentrés dans les régions de Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra. La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ne dispose que de 11% des effectifs du secteur public et de 8% des effectifs des deux secteurs, la région de Béni Mellal-Khénifra (5% des effectifs pour les deux secteurs), Drâa-Tafilalet (3% pour les deux secteurs), et Laâyoune-Sakia Al Hamra (2% pour les deux secteurs). La pénurie s’aggravera davantage durant les prochaines années avec les départs à la retraite des professionnels de santé. Au total, 6.687 fonctionnaires du ministère partiront à la retraite par atteinte de la limite d’âge dans 5 ans, ce qui représente 14% de l’effectif du personnel actuel. Ils seront 10.295 à l’horizon 2025, soit 22% de l’effectif actuel. Il faut aussi relever  que le rythme de recrutement dans le secteur public n’a pas été en mesure d’améliorer la couverture et de compenser les départs à la retraite cumulés. En tenant compte des besoins exprimés par le ministère qui représentent plus de 51.000 postes budgétaires entre 2008 et 2018, seulement 23.600 postes budgétaires ont été créés alors que durant cette période, il y a eu 10.450 départs à la retraite. En outre, la pénurie des ressources humaines est aggravée par l’instabilité du personnel et l’absentéisme endémique. 

Davantage de postes budgétaires

Pour accompagner cette stratégie et faire face au déficit structurel aggravé par les départs à la retraite, il faudra  la création de 6.000 postes budgétaires par an. Le budget de l’Etat devra prévoir chaque année 4.000 postes afin d’assurer le remplacement des départs à la retraite estimés à environ 2.000 annuellement et doter les nouvelles structures en ressources humaines qualifiées. Pour ce qui est des contrats dans le cadre de partenariats avec les collectivités territoriales, 2.000 postes par an sont nécessaires pour combler le déficit actuel en milieu rural et dans les zones éloignées.

Les mesures du ministère

Pour faire face à la pénurie de professionnels, le ministère de la santé a prévu dans son plan de santé plusieurs mesures. Celles-ci portent sur l’augmentation des postes budgétaires, la mise en place d’un programme spécial de rattrapage de déficit structurel et chronique en aides-soignants et autres métiers émergents. Le ministère compte également diversifier et encourager les modes de recrutement des professionnels de santé à travers le conventionnement avec les collectivités territoriales, le secteur privé dans l’objectif de faire fonctionner prioritairement les centres de santé ruraux fermés. Parmi les autres mesures importantes figurent l’augmentation des effectifs d’admission pour la formation dans les établissements de formation du ministère, l’institution d’une prime de rendement et des mesures incitatives pour motiver le personnel de santé. Un programme national de santé et sécurité au travail (SST) axé sur la prévention et la gestion des risques professionnels sera mis en place.

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