Petites bonnes : Échantillon de la réalité

Cette opération visait à recueillir des informations sur le milieu d’accueil de la fille, ses caractériellement sociodémographiques et ses conditions de travail.
Les filles domestiques travaillent chez des ménages résidant, à proportions quasi-égales, dans tous les types d’habitat, 33,5% dans des villas, 35,2% dans des appartements et 31,2% dans les autres types d’habitats. Il a été relevé que 94% des ménages employeurs disposent de logement de plus de 3 pièces et que près de 82% des ménages comptent au moins 3 personnes.
Par ailleurs, 81% des employeurs ignorent les préoccupations et les problèmes concernant les filles qu’ils emploient.
Portant dans l’un de ses volets sur les caractéristiques socio-démographiques de la fille domestique, l’enquête a estimé le nombre de filles domestiques âgées de moins de 18 ans, travaillant dans la région du Grand Casablanca, à 22.940 dont 59% environ sont âgées de moins de 15 ans.
La grande majorité de ces filles (86,8%) est issue du milieu rural. Elles appartiennent à des familles nombreuses (taille moyenne des ménages de 8 personnes) et 22% d’entre elles sont orphelines. Parmi ces dernières, celles dont le père est décédé représentent près de 70%.
La faiblesse des ressources des parents constitue la raison déterminante du recours au travail (96,4%). Le moyen utilisé par la majorité des filles pour trouver un emploi reste le contact d’une personne de la famille. Cependant, 20% de filles trouvent un emploi à travers des intermédiaires (agences informelles).
Ce recours au travail intervient à un âge très précoce dans la mesure où l’âge moyen de la fille domestique de moins de 18 ans se situe à 10 ans et 7 mois. On notera qu’à l’enquête 8% de ces domestiques ont déclaré être âgées de 5 à 7 ans.
L’écrasante majorité de ces filles domestiques (82% environ) sont analphébètes (43,3%), à cause du refus du tuteur (22,3%), ou de l’éloignement de l’école (20,5%). Pour ce qui est des conditions de travail, les filles domestiques continuent d’entretenir des contacts avec leur famille en recevant les visites de leurs parents (dans 65% des cas), ou en rendant, elles-mêmes visite, à ces derniers (64% des cas). Les parents se rendent chez le ménage employeur essentiellement pour percevoir le salaire de leur fille (70%). Seuls 30% s’y déplacent pour s’enquérir de son état de santé.
En plus des travaux ménagers, plus de 3 filles sur quatre (77%) se chargent également des courses. Près de 20% accomplissent simultanément trois tâches : la garde des bébés, les courses et l’accompagnement des enfants de l’employeur à l’école. Les filles domestiques sont les premières à se lever et les dernières à se coucher. Une partie d’entre-elles (22% environ) ne bénéficie ni de congé annuel, ni de jours de repos, ni de jours de fêtes. Le montant de leur rémunération mensuelle reste malgré cela, globalement, trop faible. Il passe en fonction de l’âge d’un minimum de 220 dhs pour les filles de 7 à 10 ans à un maximum de 500 dhs pour les filles âgées de 15 à 17 ans.
Les filles d’âges intermédiaires perçoivent en moyenne 347 dhs. Ces filles sont non seulement mal payées mais font également l’objet, dans l’exercice de leurs tâches, de punitions, de sanctions et d’abus: 86% ont fait l’objet de réprimandes (injures, etc.), 55% ont été battu et 4,2% ont déclaré avoir subi des abus sexuels des la part de leurs employeurs.

• Source : Haut Commissariat au Plan

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