Pharmacie : la prescription de Skali

Pharmacie : la prescription de Skali

Un secret pour réussir ? Moulay Abdeslam Skali hésite à répondre, car au fond de lui, il n’a jamais pensé à la question. Pourtant, ce jeune Marocain de 31 ans a su s’imposer dans un monde de «grands», celui de l’industrie pharmaceutique. Il a été élu, en novembre 2006 par la revue française «Prescription Santé», parmi les «100 qui feront le médicament de demain (horizon 2012)». «Je ne m’y attendais pas et je n’aurais pas pensé figurer sur cette liste», avoue-t-il.
Dans son enquête réalisée auprès des décideurs, cette revue spécialisée reconnaît au benjamin de ses élus «son fort potentiel dans le développement des marques». Il faut dire que M. Skali est un passionné de travail pour «sauver des vies et soulager des personnes au quotidien». Il est tout simplement ce qu’on appelle un bosseur. Il travaille depuis septembre dernier, au sein de Pfizer et s’occupe du «Marketing Europe de l’antibiotique hospitalier» (European brand/ antibacterirals) en Espagne, en Italie, en Belgique et dans les pays de l’Europe de l’Est.
Un travail qui nécessite d’avoir une bonne connaissance du produit, de son plan de développement clinique, de la législation en vigueur et d’établir un rapport de confiance auprès des intervenants internes et externes. Pour cet industriel, ce sont là toutes les composantes d’un challenge qui rendent le métier intéressant. Oui, c’est peut-être cela son secret de la réussite, mais M. Skali se dit convaincu par le rôle incontournable du travail d’équipe et du «management par objectifs», sans oublier le passage nécessaire par la remise en question de soi. «Le plus important est de continuer à progresser, à s’épanouir, à donner le meilleur de soi», estime-t-il.
C’est à l’image d’un «Petit Poucet» que M. Skali a semé sur son chemin les graines de ses efforts. Difficile d’imaginer qu’au tout début, son atterrissage dans le cercle très fermé des industries pharmaceutiques s’est fait sans aucun «parachute» ! «Après mon baccalauréat à Casablanca, j’avais choisi de rester au Maroc pour poursuivre des études en commerce et gestion», raconte-t-il. Tout commence donc pour le jeune bachelier par une inscription à HEM, option finance. Après avoir décroché son diplôme, c’est le monde de la pharmacie qui l’attire: «En 1999, ce secteur connaissait un grand dynamisme au Maroc avec l’annonce du lancement imminent de l’Assurance-maladie obligatoire et la montée en puissance des génériques», se rappelle-t-il.
Alors pour un troisième cycle, M. Skali s’envole vers Lyon pour un DESS en management des industries pharmaceutiques et des technologies médicales qu’il complète avec un DU en clinique thérapeutique.  «Je devais passer six mois en France et revenir m’installer à Casablanca», avoue ce jeune industriel qui s’est vu offrir, en 2000, une première expérience à Aventis Pasteur international en planification stratégique en Amérique latine et en Asie. Ce sera le début d’une aventure pour M. Skali qui intègrera dès l’année suivante le leader mondial pharmaceutique Pfizer.
Ce dernier lui confiera pas mal de responsabilités au niveau du marketing en France: Communication grand public,  cardiovasculaire, marketing produit médecine interne, avant de le nommer à son actuel poste. «Obstiné et têtu » comme le qualifie son père, Mohamed Skali, le jeune homme, a fini par voler de ses propres ailes : «Il a beaucoup d’ambition et cela l’a toujours poussé à aller plus loin», confie ce père fier de son fils. Alors, un rêve aujourd’hui ? M. Skali est un peu plus bavard, car il en a plusieurs qui ne sont pas nécessairement liés à sa profession. 
En plus de développer ses compétences « managériales », le jeune industriel a tout simplement envie de… courir le marathon de New York et de devenir papa.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *