Pierre Robert et la DST française

Pierre Robert et la DST française

La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat a entamé, hier matin, l’interrogatoire du Français Robert Pierre, impliqué dans les attentats qui ont secoué, vendredi 16 mai, Casablanca. A ce propos, il a révélé avoir travaillé à plusieurs reprises pour le compte des services de la Direction de la surveillance du territoire française, la DST. Il a précisé que, sur demande de ces services, il a effectué, depuis 1998, plusieurs enquêtes dans les milieux islamistes, en France et en Belgique. Il a également affirmé avoir été sollicité par la DST pour infiltrer les milieux islamistes algériens, en contrepartie de sommes d’argent. Et de préciser qu’il a effectué cette mission. Par ailleurs, Robert Pierre a avoué avoir voyagé à Pakistan et en Afghanistan, tout en niant y avoir reçu des entraînements militaires au camp Khalden ou avoir effectué une formation sur les explosifs et l’utilisation des armes. Robert Pierre qui répondait en français, prononçant de temps en temps des phrases en langue arabe, a nié également avoir des relations avec des personnes dont les noms sont cités dans le procès verbal de son audition, alors qu’il a reconnu avoir rencontré d’autres personnes. L’interrogatoire de Pierre Robert qui a comparu devant la cour avec 33 autres «takfiristes» de la Salafiya Jihadia devait reprendre, hier vers 15 h. Avant d’ouvrir le dossier du Français et de ses complices, la Cour a ajourné à mercredi, l’examen du dossier du groupe de Messaoud Afilal, poursuivi avec quatre autres «takfiristes» , dans le cadre de la loi anti-terroriste, pour constitution d’une bande de malfaiteurs dans le but de préparer et de commettre des actes terroristes, tenue de réunions sans autorisation préalable, exercice d’activités au sein d’une association non reconnue, collecte de fonds avec l’intention de les utiliser dans des actes terroristes et complicité dans la falsification de passeports. Ce dossier qui concerne, outre Messaoud Afilal, Abdelaziz Semni, Hussein Akerdouâa, Taieb Ben Tizi et Ahmed Chico, a été reporté sur demande des avocats de la défense, qui ont réclamé un délai nécessaire pour préparer leur plaidoirie A Casablanca, les deux avocats du barreau de la capitale économique, impliqués dans le dossier de la Salafiya Jihadia, Abdellah Âmmari et Ahmed Filali Azmir ont comparu, hier matin, devant la Chambre criminelle, présidée par Me Tolfi Lahcen. Quand la Cour a appelé à la barre le premier avocat, à savoir Abdellah Âmmari, son avocat, Me Saliha Abdelouafi, s’est présenté pour plaider l’incompétence de la Cour à statuer sur ce dossier qui ne relève, selon elle, que d’une faute professionnelle. Une requête qui a provoqué la protestation de son collègue, Me Tayeb Omar, deuxième avocat du mis en cause. Ce dernier s’est étonné que sa collègue plaide l’incompétence de la Cour qui dispose de la prérogative de requalification des poursuites consignées par le Parquet général. Aussitôt, la Cour leur a demandé de coordonner entre eux avant d’intervenir pour plaider. Chose qui a été faite par la suite, avant que la même défense ne se présente pour demander la convocation des deux mis en cause qui ont mouillé Abdellah Âmmari, dans cette affaire, à savoir Khalid Semmak et Rachid Saâdouni, condamnés dans le dossier «Youssef Fikri et ses complices», à dix ans de réclusion criminelle. Une requête qui a été acceptée par la Cour, bien que le représentant du ministère public s’y soit opposée. Ce dossier a été reporté à mercredi par la Cour qui a ouvert par la suite celui de l’autre avocat, à savoir, Ahmed Filali Azmir. Pour ce dernier, les avocats de la défense ont réclamé la jonction des procès des interrogatoires par la Cour, de Bouchaïb Maghdar et Mohamed Damir, condamnés dans le cadre du dossier de Youssef Fikri, à la peine de mort. Une requête rejetée par la cour qui a reporté ce dossier et celui qui concerne les trois adeptes de la Salafiya Jihadia, Abdelkebir Goumara, Hassan Kelli et Mohamed Habibi, à l’audience d’hier dans l’après-midi.

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