Piqué présente ses excuses à Youssoufi

Comme nous l’avons souligné auparavant, la présumée rencontre entre l’ancien Premier ministre espagnol, Felipe Gonzalez et le Premier ministre Abderrahman Youssoufi, n’a jamais eu lieu.
Cet événement, qui a suscité une polémique au sein de la classe politique espagnole, a démontré que le Maroc occupe désormais une place importante dans les préoccupations politiques espagnoles et fait l’enjeu politique au sein de ce pays. Ce mensonge était-il, donc, une farce ( à l’instar de celle qui a eu lieu au Maroc au goût de l’Antrax) montée de toutes pièces par les services secrets de l’Etat ibérique ou d’une simple erreur d’appréciation des autorités de nos voisins espagnols ?
Abstraction faite des raisons qui ont été derrière la confection de cette fausse information, il y a lieu de souligner la fragilité des rapports entre le Maroc et l’Espagne. Une fragilité qui a permis aux sphères de l’ombre d’intervenir pour envenimer encore davantage les rapports entre les deux pays.
Ceci dit, l’incident relève maintenant du passé. Le ministre des Affaires étrangères espagnol Josep Piqué a « présenté par avance ses excuses », mercredi à Grenade, au Premier ministre marocain Abderrahmane Youssoufi pour avoir dit qu’il s’était entretenu avec l’ancien chef du gouvernement socialiste Felipe Gonzalez.
«Si quelqu’un s’est senti gêné, je présente par avance toutes mes excuses. Il ne faut pas faire une affaire d’un simple malentendu », a déclaré M. Piqué, qui a précisé qu’il n’avait aucune raison de douter de la parole d’un Premier ministre «d’un pays ami ».
Josep Piqué avait affirmé mardi, après avoir parlé avec l’ambassade d’Espagne à Rabat, que «tout indique » que M. Youssoufi et M. Gonzalez s’étaient effectivement rencontrés, malgré le démenti de M. Gonzalez. Le même jour, M. Youssoufi avait lui aussi catégoriquement démenti cette rencontre, qu’avait annoncée lundi en une le quotidien madrilène El Mundo.
Les relations entre l’Espagne et le Maroc traversent une crise depuis le rappel de l’ambassadeur du Maroc à Madrid le 27 octobre 2001. La pêche, l’immigration clandestine, le dossier du Sahara marocain et celui de la prospection pétrolière au large entre l’Archipel des Canaries et la Côte atlantique du Sud du Maroc, ainsi que le trafic de drogue sont autant de sujets de discorde entre les deux pays. D’ailleurs, en ce qui concerne ce dernier point, l’Espagne refuse toujours de voir la réalité en face et de redoubler d’efforts en vue de mettre un terme au trafic de drogue organisé par la mafia espagnole et sous-traité pas des contrebandiers marocains. En bref, les tractations ne constituent nullement une règle. Car, de temps en temps des initiatives de réconciliation et d’entente audacieuses foisonnent.
En décembre, un voyage du secrétaire général du PSOE (Parti socialiste espagnol) José Luis Rodriguez Zapatero, reçu chaleureusement pendant deux jours à Rabat en pleine crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc, avait été très mal accueilli par le gouvernement espagnol.

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