Plages et colonies de vacances: Des espaces idoines pour faire aimer la lecture aux enfants

Plages et colonies de vacances: Des espaces idoines pour faire aimer  la lecture aux enfants

Le jeune garçon Ziad entamera en septembre prochain sa 4ème année à l’enseignement primaire. Il a déjà doublé la 3ème année. S’il ne sait pas lire, c’est parce que l’enseignant à l’école le «gronde». Mme Roky lui recommande de lire constamment à la maison pour surmonter ce problème. 

Il est environ 15h. Dans la belle plage Sidi Rahal où le soleil tape fort, la présidente du réseau de lecture au Maroc, Rachida Roky, pose, samedi dernier, des livres sur une table installée dans un coin de cette plage sous un parasol. Elle est à cet effet assistée par son équipe. A proximité de cet espace, Mohamed El Bouazzaoui, représentant de la fondation Banque populaire, annonce, sur les ondes d’une station radio perchée par la fondation sur cette plage, l’organisation d’un atelier de lecture. Après quelques instants, des estivants, notamment des enfants et jeunes, affluent vers l’espace consacré à la lecture et s’installent sous les parasols.

Un atelier qui révèle des intéressés et d’autres

Pour commencer, Mme Roky et son équipe d’encadrantes entreprennent un échange interactif avec les enfants à propos des bienfaits de la lecture. Histoire d’en parler positivement, le négatif étant à bannir. Après quoi, elle leur offre des livres pour lecture. Entre-temps, l’encadrante, Bouchra Bekkari, également professeur dans un collège et membre du réseau, prend le micro pour proposer aux enfants et jeunes de s’organiser en groupes afin de débattre du livre dont lecture est faite pendant une vingtaine de minutes. Cependant, seuls les enfants et jeunes intéressés restent pour lire. Mieux encore, cette action organisée dans les plages permet au réseau de drainer non seulement les enfants mais aussi leurs parents.
C’est le cas d’une petite fille aperçue avec sa mère en train de lire sur la plage visitée. De plus, le sentiment des chérubins présents dans l’espace est unanime quant à la lecture. Ils l’apprécient. «J’apprécie le fait de s’organiser en groupes pour lire», indique Marwa.

Les surprises de l’atelier

Si cette jeune fille sait lire comme certains de ses pairs, ce n’est pas le cas pour d’autres. Le jeune garçon Ziad entamera en septembre prochain sa 4ème année à l’enseignement primaire. Il a déjà doublé la 3ème année. S’il ne sait pas lire, c’est parce que l’enseignant à l’école le « gronde ». Mme Roky lui recommande de lire constamment à la maison pour surmonter ce problème. «Je lis un jour sur deux et je suis prêt à lire chaque jour après cet atelier», estime, pour sa part, Youssef, un élève qui entame sa 6ème année à la rentrée.
D’autres, hélas, adoptent des comportements déplacés en s’emparant de livres pour fuir avec. Chose qui incite les responsables de l’atelier à sécuriser l’espace dédié à la lecture. «Ce n’est pas tout le monde qui lit. S’ils agissent de la manière, c’est parce qu’ils ne sont pas éduqués à la lecture censée être un comportement quotidien», estime Mme Bekkari. D’où l’intérêt d’organiser, selon ses dires, ces ateliers pour tenter d’éradiquer ces comportements qui «font mal au cœur». «Nous essayons de faire avec», enchaîne-t-elle. Ce qui compte à ses yeux, c’est la joie qu’elle ressent à l’issue d’un atelier couronné par un échange entre elle et un enfant qu’elle incite à lire. Mieux encore, son sentiment est à son apogée lorsqu’un enfant s’exprime sur l’envie de lire d’autres livres.

L’apport de la fondation Banque populaire

Outre les encadrants du réseau, d’autres relevant de cette fondation se joignent à l’action. «Notre contribution consiste non seulement en un apport financier mais aussi par la mise à disposition d’animateurs relevant de la fondation et qui contribuent à encadrer l’atelier aux côtés du réseau», précise M. El Bouazzaoui. En appuyant cette action, cette fondation à but non lucratif répond à sa vocation de soutenir toute initiative ayant trait à l’éducation et la culture. «La vulgarisation de la lecture émane de la philosophie de la fondation. Tout le monde connaît la crise de la lecture chez les enfants surtout maintenant avec les NTIC mais nous essayons avec le réseau et d’autres associations de revenir au livre», souligne-t-il. Il rappelle avoir répondu favorablement à la demande du réseau dès réception de celle-ci.

Dans les colonies de vacances aussi

Avant de prendre le départ vers la plage, Mme Roky se rend le même jour à 10 heures dans la colonie de vacances urbaine sise près du port de Mohammedia. Pour motiver les enfants, elle leur apprend qu’ils vont passer un agréable moment en sa compagnie et celle des livres. Après quoi, elle entreprend la même démarche que celle faite sur la plage. Le tout en impliquant les encadrants de cette colonie de vacances dans l’action de lecture. A leur tour, les enfants disent apprécier la lecture qui, en plus procure, aux yeux de Rayane, «un apprentissage». Ceci étant, l’activité de la lecture initiée le 26 juillet dernier par le réseau cible, selon Mme Roky, 20 colonies de vacances et 5 plages lors de sa 3ème édition. A elle seule, la colonie de vacances de Mohammedia connaît, par l’occasion, une demande croissante en estivage. Comme le précise Amina Abou Ennacer, fonctionnaire au ministère de la jeunesse et des sports et économe de cette colonie, celle-ci «abrite 360 enfants alors qu’il ne fallait en prendre que 250». Quoi qu’il en soit, les enfants sont contents d’y être et de prendre part à l’atelier de lecture. Leur bonheur est doublé lorsque le professeur Bouchaib Zahawi, également président de l’Association marocaine de l’éducation de la personnalité, vient leur apprendre des chansons en anglais. Ainsi, tout le monde trouve son compte.

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