Pluie et effondrement de maisons

Après les fortes pluies qui se sont abattues dernièrement sur notre pays, certaines habitations se sont effondrées, d’autres ont été évacuées pour éviter la catastrophe.
Les cas d’effondrement total ou partiel ont été enregistrés à Casablanca, Kenitra, Settat, Essaouira, Taza et bien d’autres régions rurales. L’écroulement a touché vieilles et nouvelles constructions. À Casablanca, une maison située à rue Al Arsa, près du parc Zerktouni a dévoilé la vétusté de l’infrastructure de l’ancienne Médina de la ville. Il aura suffi que la pluie tombe pendant quelques heures pour que le plafond de l’une des deux chambres situées au rez-de-chaussée s’écroule. Les locataires, un tailleur de quarante ans, sa femme et ses deux enfants ainsi qu’une autre femme, septuagénaire, qui occupe seule une chambre au premier étage, n’étaient pas heureusement sur place au moment du drame. À Kenitra, un immeuble de 30 appartements, menacé d’effondrement, a été évacué d’urgence dans la nuit de lundi à mardi. Les membres des 28 familles qui occupaient l’immeuble ont dû quitter le bâtiment après l’apparition de fissures et brèches de tailles à faire craindre un écroulement. Les dégâts apparus dans l’immeuble seraient liés à des travaux d’excavation pour la mise en place des fondations d’un nouvel immeuble voisin. Ces travaux seraient à l’origine d’un affaissement du mur mitoyen au chantier. Les autorités ont interdit la circulation automobile et piétonne dans les parages immédiats de l’immeuble et placé les familles évacuées dans un hôtel, dans l’attente de trouver une solution à ce problème qui a fait l’objet d’une réunion d’un comité technique provincial. Un bureau d’études de Casablanca a été pressenti pour examiner l’état de l’immeuble en question. Il ressort de ces deux exemples que l’écroulement est dû à la vétusté du bâtiment, absence d’entretien, ou à un défaut lié, d’une façon ou d’une autre, aux travaux de construction. En outre, le développement des baraques et autres habitations sans autorisation aux abords des fleuves, comme c’est le cas aux alentours du oued «Boumoussa» à Settat, expose leurs habitants au danger. Des quartiers baptisés «Chichane», dans certaines villes du Royaume, ne sont que le résultat de ce développement anarchique des constructions.
Le quartier «Chichane» à Taza en est un exemple significatif à plus d’un titre. Ces quartiers constituent généralement des fiefs électoraux pour certains élus. Assurément, les communes ont une grande responsabilité dans cet état de choses. Plusieurs autorisations de constructions sont livrées pour des raisons purement électorales. D’autres habitations sont également construites illégalement pendant les périodes de campagne électorale. Les années consécutives de sécheresse ont également contribué à l’amplification du phénomène, notamment à l’extension des baraques à la périphérie des grandes villes, exode rural et pauvreté. Ce sont ces paramètres qui transforment la pluie en sinistre dans plusieurs quartiers.

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