Plusieurs ONG appellent au respect de la liberté d’opinion

L’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), par sa section de Mohammédia, a demandé mercredi l’annulation des poursuites contre six personnes soupçonnées d’incitation à la rupture du jeûne, a-t-on appris auprès de cette ONG. Ces six Marocains, parmi lesquels deux journalistes (Zineb El-Rhazoui et Aziz El Yaakoubi), ont tenté le 13 septembre d’organiser un pique-nique symbolique à Mohammédia pour dénoncer une loi qui punit au Maroc la «non observation publique par les musulmans du jeûne du mois de Ramadan». «Tout Marocain musulman qui (la) viole publiquement (…) est puni d’un à six mois de prison et une amende», selon la loi 222 du Code pénal. Commencé le 22 août, le Ramadan a pris fin lundi dernier au Maroc. Outre l’AMDH, quatre autres ONG marocaines -l’Observatoire marocain des libertés publiques, le Réseau amazigh (berbère) pour la citoyenneté, le Forum alternatif et Bayt Al Hikma («La maison de la sagesse»)- ont appelé les autorités à respecter le droit des citoyens à la liberté d’opinion et de pratique religieuse, comme le stipulent les conventions internationales.
Les six jeunes membres du Mali (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles), un groupe créé sur Facebook, militent pour l’abrogation de cette loi 222. Ils ont été interrogés par la police pendant quatre jours dans le cadre d’une enquête judiciaire. «Ce dossier a été amplifié par les autorités locales, la presse et quelques partis politiques», déclaré à l’AFP le président de la section de Mohammédia de l’AMDH.
«La vérité, c’est que des jeunes Marocains se sont fixé rendez-vous dans un bois pour discuter de la pratique du jeûne et de la loi qui punit les non-jeûneurs».
«Nous avons voulu démontrer les contradictions des lois marocaines, qui garantissent notamment la liberté de culte, a déclaré à l’AFP Aziz El Yaakoubi. Notre message est passé mais il reste à voir comment la société civile va réagir».
«Nous sommes libres de nos mouvements mais personne ne sait ce qui va se passer maintenant», a-t-il ajouté dans un entretien téléphonique. Selon Bayt Al Hikma, l’article 222 du Code pénal est contraire à la Constitution marocaine qui garantit la liberté de la pratique religieuse à tous les citoyens.

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