Poignardé, il accuse à tort son voisin

Poignardé, il accuse à tort son voisin

Pas loin du boulevard Moulay Larbi Alaoui, quartier Sidi Othmane, à Casablanca, un jeune homme, étendu par terre, gisant dans une mare de sang, demande secours ce jour du mois de mars. Il était 21h et personne n’était près de lui comme s’il était seul quand il a été blessé. Il fallait attendre quelques minutes pour qu’un riverain se rende compte de la situation. Il avance, se penche sur la personne pour la toucher et lui faire tourner la tête. Aussitôt, le jeune homme fut surpris. “Ahmed ! Qui t’a blessé ?“, lui demande-t-il sur un ton d’exclamation. Il le connaissait.
Il est son voisin. Le sang coule encore du corps d’Ahmed qui crie et demande du secours. Il arrive à peine à lui demander d’appeler son frère. Le voisin se lève précipitamment pour courir à destination de la demeure d’Ahmed. Son frère lui ouvre la porte. “Ton frère est blessé, son état est très grave“, lui dit-il. Le frère alerte sa mère et sa soeur avant de rejoindre Ahmed. “Qui t’a poignardé ?”, lui demande-t-il.
“Hassan”, répond Ahmed. Le frère d’Ahmed se dépêche vers le publiphone le plus proche, compose le 15. Une ambulance arrive en quelques minutes, le transporte aux urgences de Sidi Othmane. Le médecin qui le consulte remarque que les blessures sont très graves. Il s’adresse aussitôt à son frère, lui demande le nom de son agresseur. “Il a dit que c’était Hassan“, répond-il. Le médecin en permanence alerte la police après avoir soumis Ahmed aux soins nécessaires. Les éléments de la police qui étaient en permanence se rendent aussitôt vers les urgences. Le médecin leur explique que l’état d’Ahmed est très grave. Les enquêteurs s’approchent du patient, lui demandent qui était son agresseur. “Hassan, notre voisin“, lance-t-il. A ce moment, les enquêteurs se dépêchent sur le lieu où l’agression a été perpétrée. Ils remarquent des taches de sang qui se trouvent encore sur la terre. Ils se rendent par la suite vers une ruelle donnant sur le boulevard Moulay Larbi Alaoui. Leur chef frappe à la porte de la demeure de Hassan. Ce dernier sort, les accompagne vers le commissariat de police. “Pourquoi tu as poignardé ton voisin Ahmed ?“, lui demande le chef de la brigade. Figé, Hassan reste bouche-bée. Il cherche une réponse, ne la trouve pas. “Mais, j’étais chez moi“, arrive-t-il enfin à lancer. Entouré des éléments de la brigade qui lui posent un tas de questions, Hassan ne trouve enfin qu’une seule réponse : Non, je suis innocent. Mais pourquoi l’accuse-t-il ? Deux heures plus tard, les éléments de la brigade reçoivent un coup de téléphone des urgences. “Ahmed est mort suite à ses blessures”, affirme l’interlocuteur à l’autre bout du fil. Le chef de la brigade se tourne vers Hassan et l’avise qu’Ahmed est décédé. Hassan fond en larmes. Les limiers l’interrogent une fois encore. Il continue de se disculper. “C’est lui qui t’a accusé“, lui explique un limier. Les larmes aux yeux, Hassan lève sa tête et affirme aux limiers qu’il ne s’agit que d’une question de vengeance. “Nous avions des problèmes de mauvais voisinage qui pouvaient arriver aux bagarres, mais jamais au meurtre”, explique-t-il. Les enquêteurs se trouvent aussitôt entre le marteau de l’accusation d’Ahmed qui a rendu l’âme et l’enclume des propos de Hassan qui réclame son innocence. Et pourtant, il l’ont gardé au commissariat jusqu’au lendemain. Hassan réclame toujours son innocence. Les enquêteurs doivent poursuivre leur enquête pour découvrir la réalité. A ce propos, ils retournent sur le lieu du crime, rencontrent des habitants et des commerçants. Leurs témoignages n’ont rien ajouté de nouveau à l’enquête.
Par conséquent, ils n’innocentent pas Hassan qui est encore au geôle du commissariat de la police. Tout à coup, un jeune homme qui remarque les policiers en train de recueillir les témoignages, se dirige vers eux. “je l’ai vu hier en compagnie de son amante Laïla“ affirme-t-il. C’est la première fois qu’ils entendent ce nom. Qui est-elle?
Laïla est une jeune fille, la vingtaine. Personne ne connaît son origine ni sa famille. Elle est venue depuis quelques années à ce quartier pour louer une chambrette. Elle se permet de se livrer à quiconque pour avoir de l’argent. C’est par hasard qu’elle a entretenu une relation avec Ahmed. La générosité de ce dernier envers elle, l’a poussée à rester attachée à lui au point qu’ils sont devenus des amants. Ils ne se séparaient que rarement. Les enquêteurs se rendent vers la chambrette de Laïla. Elle n’y est pas. Ou se trouve-t-elle ? “Elle rend souvent visite à son amie demeurant au quartier Sidi Moumen J’dide“, leur confie une voisine. La durée de 72h de la garde-à-vue progresse d’une heure à l’autre. Il faut arriver à élucider définitivement cette affaire sans accuser un innocent. C’est le principe des limiers qui se sont dépêchés sur le quartier Sidi Moumen J’did pour frapper à la porte de l’amie de Laïla. Cette dernière y a passé effectivement cette nuit. Les enquêteurs l’ont conduite vers le commissariat de police. Au départ, elle s’est disculpée. Seulement d’une question à l’autre, elle a craché le morceau. Elle était effectivement en sa compagnie quand il buvait des bières dans la rue. Ils causaient et rigolaient jusqu’au moment où une fille, bien habillée a passé à côté d’eux. Ahmed l’a racolée devant son amante. Laïla s’est énervée et a commencé à le lui reprocher. Hors de lui, il l’a insultée. Aussitôt, elle lui a demandé de l’attendre pour aller chez elle et revenir. “Je vais emmener un casse-croûte que j’ai gardé à la maison“, lui dit-elle. Un peu plus tard, elle est retournée pour lui faire à nouveau des reproches et l’insulter. Ahmed lui a asséné un coup de poing. Hors d’elle, Laïla a dégainé un couteau et lui a asséné un premier coup puis un deuxième et un troisième avant qu’il s’effondre. Laïla a pris la poudre d’escampette sans attirer l’attention de quiqconque.
Les enquêteurs ont ouvert les portes du geôle pour libérer Hassan et incarcérer Laïla qui a été traduite devant le Parquet général près la Cour d’appel de Casablanca poursuivie pour coups et blessures ayant entraîné la mort avec préméditation et débauche.

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