Point de vue de l’AGEF

Malgré le nombre impressionnant de diplômés déversés annuellement sur le marché du travail, beaucoup d’entreprises marocaines n’arrivent pas à recruter les profils dont elles ont besoin.
L’origine du mal réside dans le fait que notre système d’enseignement et de formation privilégie l’accumulation du savoir aux dépens de l’acquisition de facultés créatrices, de l’esprit d’initiative et du sens des responsabilités. Le profil type d’une bonne majorité de nos diplômés est celui d’une personne qui a des connaissances techniques, mais qui présente des défaillances importantes en termes de communication, d’analyse, d’adaptabilité, de sens de l’autonomie et de capacité de travailler en équipe. En somme, la dimension comportementale fait cruellement défaut dans notre système d’enseignement et de formation.
Or, aujourd’hui, les entreprises ne se suffisent plus du savoir – faire technique. Elles recherchent des collaborateurs qui savent tout faire: organiser, anticiper, négocier, raccourcir les délais, gérer les crises, réduire les coûts, conduire des projets et motiver des équipes. Il est aujourd’hui clair que, pour que notre système d’enseignement et de formation puisse répondre aux besoins de l’entreprise, il devient urgent d’y opérer non plus des réformes mais de véritables ruptures.
Nos écoles et universités se doivent d’être un lieu d’épanouissement de la personne et non de bourrage de crâne. Il faut développer chez l’étudiant l’aptitude à anticiper, à innover, à se remettre constamment en cause et à s’adapter à des situations changeantes. Il faut lui apprendre non pas seulement à reproduire mais surtout à mener une réflexion, à analyser des situations et à trouver des solutions.
Car, faut-il le rappeler, les enfants de ce pays vont à l’école pour comprendre le monde, mais aussi pour pouvoir s’y insérer. Par ailleurs, un véritable partenariat doit s’établir entre le système éducatif et le monde des affaires, visant à intégrer l’étudiant dans le système productif et à faire en sorte que les filières de formation soient plus proches du terrain et puissent s’adapter aux changements qui s’y opèrent.

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