Poker menteur à Alger

Selon des sources algériennes, Abdelaziz Bouteflika, le Président de la République, qui se trouve à Beyrouth pour participer au 14e Sommet arabe, aurait programmé une rencontre avec SM. Mohammed VI.
Le prince héritier saoudien et le Président égyptien seraient, dit-on, derrière cette rencontre, annoncée à la mi-mars par la publication Maghreb Confidentiel, précise les mêmes sources.
Voulant faire preuve d’imagination (sic), les deux dirigeants arabes agiraient, affirme-t-on, selon des diplomates occidentaux à Alger, pour le compte des Américains. Le président Hosni Moubarek n’est même pas présent au sommet de Beyrouth .
Et d’ajouter que « Washington, qui tient à la stabilité de la rive sud de la Méditerranée, a mis en garde les deux pays, plus d’une fois, contre « tout risque de dérapage » dès les premières accusations mutuelles d’entrave pour le règlement de la question du Sahara par les Nations unies.
Dans le même ordre de spéculations, le quotidien algérien, «Le Matin», ajoute que «les Saoudiens, qui redorent leur blason diplomatique à travers l’initiative de paix au Proche-Orient qui discutée par les dirigeants arabes réussiront-ils à dissiper la brouille entre Alger et Rabat ?». Or, dans une déclaration à la première chaîne de télévision, «TVM», le 26 mars 2002, Mohamed Benaissa, ministre des Affaires étrangères, a mis fin à ce genre de spéculations, en annonçant que le Maroc et l’Algérie les seuls à même de débattre de leurs problèmes et des rapports entre eux, particulièrement en ce qui concerne la question du Sahara marocain et des frontières entre les deux pays. M. Benaissa a réitéré à cet effet l’appel du Maroc de tenir des négociations directes avec les autorités algériennes en vue de trouver des solutions aux problèmes pendants.
Mais tel n’est pas l’avis de ces dernières et de leur presse.
Sachant que dans de telles circonstances, les chefs d’Etat, particulièrement ceux représentants des pays voisins, se rencontrent pour au moins maintenir la tension au-dessous des seuils critiques, le quotidien précité avance que « l’Algérie n’a aucune visée sur le Sahara » et réitère les propos du Président Bouteflika, annoncés le 16 mars, selon lesquels son pays «ne peut comploter avec le royaume du Maroc contre les autres peuples». Une position qui constitue une belle démonstration de l’acception du bon voisinage chez les dirigeants algériens.
Ceci dit, constate l’organe précité, «aux déclarations algériennes de soutien à la cause sahraouie et à la nécessité d’aller vers un référendum d’autodétermination, les Marocains répondent qu’ils ne céderont pas le moindre pouce du Sahara marocain». «La situation née au lendemain du 19 février dernier, jour de la présentation par le secrétaire général de Nations Unies de son rapport devant les membres du Conseil de sécurité sur la situation au Sahara marocain et sa décision de proroger pour la dernière fois le mandat de la Minurso jusqu’au 30 avril 2002, n’inquiète pas seulement les Américains », souligne-t-on. Et de conclure que Rabat, qui a envoyé ses diplomates partout pour expliquer la position marocaine, est convaincu que les discussions, qui auront lieu au Conseil de sécurité durant les prochains jours, déboucheront sur une décision judicieuse et utile et propre à mettre fin au conflit.

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