Polémique entre l’AMIP et la Mission parlementaire sur le médicament

Polémique entre l’AMIP et la Mission parlementaire sur le médicament

Le rapport de la Mission d’information parlementaire sur les prix des médicaments suscite une polémique. Les industriels rejettent les principales conclusions de la Mission parlementaire. Réunis vendredi 13 novembre, les membres de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP) ont examiné ce rapport et ont manifesté leur mécontentement à travers un communiqué. «Les industriels se déclarent surpris par les accusations du rapport, assénées sans aucun discernement et occultant les efforts gigantesques consentis par une large partie de la profession pour maintenir l’industrie nationale au diapason de l’évolution internationale et au niveau des normes de qualité, d’exigences réglementaires et d’accessibilité…» peut-on y lire. L’AMIP conteste la comparaison de certains médicaments avec d’autres pays, en l’occurrence la Tunisie. «La comparaison avec le prix moyen tunisien n’a pas lieu d’être du fait du caractère étatique et public de la pharmacie centrale tunisienne et de la péréquation du médicament en Tunisie», souligne le communiqué. Si la Mission parlementaire reconnaît l’excellente qualité des médicaments au Maroc, celle-ci déplore leurs prix qui restent très élevés. Pour l’AMIP, c’est loin d’être le cas puisque «le prix de gros moyen du médicament qui est de 27 dirhams est inférieur à l’ensemble des pays ayant un niveau de qualité comparable». Dans son communiqué, l’AMIP rappelle également que le prix fabriquant du médicament au Maroc représente 58,88% du prix public Maroc et non pas sa totalité. Contacté par ALM, Réda Benkhaldoun, député PJD, membre de la Mission d’information parlementaire sur les prix des médicaments, déclare que le rapport a été établi en toute neutralité. «Ce rapport est le résultat d’un travail objectif. Nous n’avons rien contre l’industrie pharmaceutique. Le Maroc produit et exporte actuellement des médicaments d’excellente qualité. Cela dit, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la cherté des médicaments, l’archaïsme de l’arsenal juridique et la faiblesse de la couverture médicale». La Mission parlementaire revendique l’absence d’une politique du médicament au Maroc. Sur ce point précis, les industriels pharmaceutiques revendiquent l’élaboration des textes d’application du code du médicament et de la pharmacie depuis sa promulgation. Pour la Mission parlementaire, la responsabilité principale incombe à une partie de l’industrie pharmaceutique ainsi qu’aux procédures définies par l’Administration pour la fixation des prix des médicaments. La Mission parlementaire appelle ainsi à une révision urgente du prix du médicament ainsi que le mode de calcul. Dans ce cadre, les industriels souhaitent apporter une réflexion sur la méthodologie et les critères de fixation des médicaments. Par ailleurs, la Mission d’information conteste le faible taux de couverture de l’Assurance maladie obligatoire qui ne dépasse pas les 34% et qui explique la faible consommation des médicaments. Une véritable stratégie en la matière s’impose. Des mesures concrètes devront rapidement être adoptées dans le but d’améliorer l’accès des citoyens aux soins.

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