Polyarthrite rhumatoïde : entre la maladie et l’insouciance de l’Etat

Polyarthrite rhumatoïde : entre la maladie et l’insouciance de l’Etat

La polyarthrite rhumatoïde continue à bouleverser la vie des malades partout dans le monde et à détruire les articulations des personnes touchées. Il s’agit d’une maladie toujours méconnue même si elle touche actuellement de plus en plus de Marocains. Le docteur Hasnaa Azmi, rhumatologue à l’Association marocaine de lutte contre la polyarthrite rhumatoïde (AMP), affirme qu’«il y a encore au Maroc une méconnaissance des thérapies et traitements de cette maladie. Et que la plupart des personnes qui ont fait l’objet de l’enquête pensent que cette maladie sera évitée par la pratique du sport ou par des bains de sable chaud». Et de poursuivre : «aujourd’hui, l’objectif de l’association est de faire un diagnostic précoce de la polyarthrite rhumatoïde afin de prévenir les déformations et donc de diminuer l’handicap dont souffrent les patients». Mais comment sensibiliser les patients afin que la consultation se fasse à un stade précoce de la maladie bien avant les déformations ? Selon le docteur Azmi, «il faut une certaine collaboration avec les médecins généralistes afin d’orienter les malades vers les spécialistes». En effet, une fois les déformations installées et les articulations détruites, il est trop tard pour agir. Par contre, un diagnostic et une prise en charge précoces permettent d’éviter ces destructions et de stopper l’évolution de la maladie. Les témoignages des malades confirment un délai de 2 à 5 ans entre les premiers symptômes et le diagnostic de la maladie. Tous se voient prescrire des antidouleurs et des anti-inflammatoires dans un premier temps, ces traitements ayant pour seul effet de soulager les douleurs. Ce n’est que quand la situation se détériore que les examens nécessaires au diagnostic sont réalisés. Dans certain cas, ils ne sont demandés qu’après apparition des déformations. C’est seulement à ce moment-là, 2 à 5 ans après les premiers symptômes, que le diagnostic est posé. Ce constat nous alerte de nouveau sur l’urgence de prendre des mesures avec les praticiens et les auxiliaires de santé pour diagnostiquer la maladie précocement. Dans tous les parcours des malades, les évocations liées à la polyarthrite rhumatoïde sont extrêmement négatives et chargées d’émotions : douleur, tristesse, déception, honte et inquiétude sont des mots qui reviennent souvent. La peur et le sentiment d’être incompris par leur entourage sont également omniprésents dans le discours de ces malades. Laïla Najdi, présidente de l’AMP, explique que le diagnostic tardif a des conséquences graves sur la vie des malades. Pour sa part, Hasnaa Azmi, médecin rhumatologue à l’AMP, parle d’une étude marocaine réalisée en 2008 par le service de rhumatologie de l’hôpital Al Ayachi (CHU Ibn Sina, Rabat ) sur cette pathologie en collaboration avec l’unité d’immunologie du service de transfusion sanguine et d’hémovigilance (CHU Ibn Sina, Rabat) en 2008. Le docteur Azmi précise que : «cette étude s’est intéressée, pour la première fois au Maroc, à évaluer la distribution et l’implication des gènes HLA classe 1 et 2 chez des patients présentant une polyarthrite rhumatoïde précoce. Il s’avère que l’allèle DRB1 04 prédispose à la polyarthrite rhumatoïde alors que l’allèle DRB1 07 semble protecteur chez les patients marocains». A noter qu’une autre étude marocaine a été faite par le service de rhumatologie de l’hôpital militaire Mohammed V de Rabat sous la supervision du professeur Abdellah El Maghraoui. «Cette étude a prouvé que la polyarthrite rhumatoïde est un facteur de risque d’apparition de l’ostéoporose et surtout en cas de maigreur, de longue durée d’évolution de la maladie et de sévérité de la maladie», a précisé Mme Azmi. Les premiers signes de la polyarthrite rhumatoïde ressemblent souvent aux symptômes de la grippe, notamment des douleurs à l’ensemble des muscles et articulations (mains, poignets, coudes, épaules…). Souvent la douleur et les raideurs sont plus intenses le matin au lever ou après une période d’inactivité. Ces raideurs peuvent durer moins d’une heure, mais, avec le temps, le malaise peut persister pendant plusieurs heures. Au Maroc, cette maladie touche environ 300.000 personnes. Elle est quatre fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme et apparaît généralement entre 35 et 45 ans. Elle fait partie des affections de longue durée prises en charge par l’assurance maladie obligatoire. La polyarthrite rhumatoïde est une maladie qui bouleverse la vie des malades. La vie de ces patients change radicalement dès l’apparition des premiers symptômes de cette pathologie chronique. Leur qualité de vie est considérablement altérée par l’inflammation et la douleur qui touchent souvent plusieurs articulations simultanément (épaules, dos, poignets…), engendrant ainsi une impossibilité d’accomplir les activités de tous les jours. Tous les répondants ont témoigné que leur vie en avait été handicapée. L’étude faite par Ipsos sur la maladie confirme un constat dénoncé à plusieurs reprises par l’association, à savoir le diagnostic tardif de la maladie.

Prémunir contre une polyarthrite rhumatoïde
Plusieurs facteurs peuvent déclencher la PR : génétiques, endocriniens, environnementaux, psychologiques. Toutefois, ce sont des circonstances favorisantes car aucun d’entre eux ne peut à lui seul expliquer la survenue de cette maladie.  Si l’on comprend de mieux en mieux les mécanismes intimes de la PR, son agent causal reste encore aujourd’hui inconnu. L’inflammation est le mode classique de réaction de l’organisme face à une agression quelle qu’elle soit. Mais, dans le cas de la PR, l’agent agresseur n’est pas identifié. Il peut s’agir d’un agent externe comme un virus par exemple ou interne à partir d’un des propres constituants de l’organisme. Il n’existe pas aujourd’hui de tests permettant d’identifier les personnes qui vont développer une polyarthrite rhumatoïde. Même si dans votre famille quelqu’un souffre de la PR, personne ne peut prédire si vous l’aurez à votre tour. De même si vous avez une PR, cela ne veut pas dire que vos enfants en souffriront. 
Il existe par contre des facteurs de risque bien connus. Ainsi il a été démontré que les fumeurs ont un risque un peu plus élevé de présenter une PR que les non-fumeurs. Les personnes fabriquant dans leur sang des anticorps particuliers ont plus de risque de souffrir d’une PR que les autres. 

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