Pour l’amour d’une cousine…

Pour l’amour d’une cousine…

Chambre criminelle près la Cour d’appel d’El Jadida. Mohamed, trente-quatre ans, se tenait, ce jour du mois de mai, au banc des accusés. L’air chagrin et triste, Malika, âgée de quinze ans, se tenait debout en compagnie de sa mère.  Ces derniers temps, Malika est devenue très triste et parle peu. On ne reconnaît plus cette jeune fille dynamique et plein d’humour.
Ceux et celles qui la connaissent racontent que Malika était active et très sociable. Elle fréquentait le plus souvent ses amies et voisines du quartier pour leur raconter des blagues, bavarder et échanger des sujets avec elles. Chez elle, elle n’hésitait pas à badiner et s’amuser avec sa mère. Elle est son unique fille, plus ou moins gâtée, son plus grand amour et son rêve de toujours. Mais, ces derniers jours, Malika est devenue une autre personne, renfermée sur elle, qui n’hésite plus à se fondre en larmes comme une fillette de quatre ans. Qu’est-ce qu’il lui est arrivée au juste ?  Sa mère lui en a demandé à maintes reprises, mais elle ne lui a jamais donné de réponses.  Bien qu’elle a insisté, elle gardait le mutisme. Au fil des jours, l’état de Malika devient de plus en plus critique. Elle passait des nuits blanches, ne dormait plus. Tout le temps, elle est très nerveuse, en colère et sans appétit. Elle ne pouvait plus se concentrer sur ses leçons et son niveau scolaire a commencé à régresser. «Es-tu malade ?», lui demandait sa mère. Pas de réponses. Malika gardait toujours le silence. Elle semble n’avoir pas le courage de divulguer son secret. Sa mère décide alors de l’emmener chez un médecin. Après avoir examiné la fille, il lui a demandé de lui confier ce qu’elle ressent au juste. D’un mot à l’autre, Malika commence à faire confiance au médecin. Il semble qu’elle a trouvé la personne à qui se confier et lui demandait son aide pour surmonter son état psychique. Elle lui a confié avoir une relation avec un homme qui l’a dépucelée. Ne pouvant pas garder ce secret surtout que Malika est encore mineure, le médecin annonce la mauvaise nouvelle à la mère. Affolée, la mère n’a pas su à quel saint se vouer. Elle a tenu sa fille entre ses bras et a commencé à l’interroger sur la personne qui l’a violée. Les larmes aux yeux, Malika lui a confié son nom. Il s’agit de son cousin, Mohamed. La mère ne croit pas ses oreilles. Comment et quand ? Avant de quitter le cabinet du médecin, la mère a reçu un certificat médical attestant que l’enfant a été abusée sexuellement. Aussitôt, la mère a conduit sa fille au commissariat de la police. Assise sur une chaise, Malika raconte son histoire avec son cousin : Quand Mohamed, divorcé, père d’un enfant, est arrivé pour leur rendre visite, il n’a trouvé que Malika. Sa mère était au travail. En rentrant, il a demandé à Malika de s’approcher de lui. Il l’a tenue ensuite entre ses bras et l’a embrassée. Après quoi, il lui a versé dix dirhams et lui a demandé de le rejoindre lors de l’absence de sa mère, dans son commerce. Malika consent à le rencontrer. Elle commence à le fréquenter dans son commerce pour lui permettre de l’embrasser et abuser d’elle sans aller jusqu’au bout. Malika sortait de chez lui plein de joie parce qu’elle recevait des petites sommes d’argent. Quelques jours plus tars, il lui demande de coucher avec lui. Et elle a obtempéré. Quelques secondes plus tard, elle a commencé à sentir des douleurs au niveau de sa partie intime, avant de remarquer quelques gouttes de sang qui ont entaché son maillot. Elle s’est levée en pleurant. Mais Mohamed l’a rassurée qu’elle va se marier avec son fils. Il lui a demandé de ne rien divulguer à sa mère et a promis de la prendre en charge jusqu’à son mariage avec son fils. Ne croyant pas ses paroles, Malika s’est renfermée sur elle et a décidé de ne plus le rejoindre pour coucher avec lui contre dix à vingt dirhams. Depuis, elle ne savait quoi faire, ni quoi dire à sa mère et elle a préféré garder le silence. Mais son silence a été brisé après avoir été examinée par le médecin.
Aussi bien devant la police que devant le parquet général que devant la Cour, Malika a relaté les mêmes faits. Alors que son cousin, Mohamed, a affirmé qu’il ne l’a jamais encouragée de coucher avec elle en la promettant de l’épouser à son fils. Il a expliqué à la Cour qu’elle s’est présentée chez lui comme à l’accoutumée dans son commerce pour lui demander de lui toucher les seins et sa partie intime. Une version que le représentant du ministère public a considéré d’imaginaire puisque le mis en cause avait relaté une autre version à la police et au ministère public. L’avocat de la défense qui a réclamé les circonstances atténuantes à son client a précisé que Malika l’a encouragé de passer à l’acte avec elle.
Après les délibérations, la Cour a rendu son verdict en condamnant Mohamed à 6 ans de réclusion criminelle.

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