Pour l’Association démocratique des femmes: Les droits des Marocaines toujours aussi bafoués

Pour l’Association démocratique des femmes: Les droits des Marocaines  toujours aussi bafoués

Ce document  élaboré par 32 ONG et réseaux marocains coordonnés par l’ADFM note que malgré certaines avancées en matière des droits des femmes,  elles continuent d’être victimes de discriminations. «Les discriminations et les violations de tous les droits fondamentaux des femmes subsistent encore aussi bien au niveau des législations en vigueur qu’au niveau des pratiques», peut-on y lire. Le rapport ne manque pas de rappeler que le Maroc est toujours classé parmi les pays les plus inégalitaires en matière de genre. En effet, selon le  Conseil économique, social et environnemental (CESE), le Royaume est classé «133ème sur 142 pays en 2014, alors qu’il occupait le 135ème rang dans la participation économique de la femme.

Les ONG déplorent la  passivité du gouvernement qui  n’affiche aucune volonté pour harmoniser la législation nationale avec les dispositions de la Constitution de 2011 et avec la Convention  sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Les projets de loi portant approbation du protocole facultatif à la CEDEF et celui relatif au PIDCP, bien qu’adoptés en décembre 2012 par le Conseil du gouvernement   n’ont été votés que le 7 juillet 2015 et seulement par la Chambre des représentants. Les associations recommandent de compléter le processus d’adoption de ces  projets de lois et déposer les instruments relatifs à l’adhésion du Maroc auprès du Secrétariat général des Nations Unies.

S’agissant du droit au travail, le rapport relève que la proportion des jeunes femmes qui travaillent est très faible. Elle représente à peine 12% à l’échelle nationale et 5% dans les zones rurales. La plupart des  emplois des femmes sont considérés comme vulnérables. Celles-ci  ne bénéficient  pas de toutes les protections et garanties. Pour ce qui est du droit à la sécurité sociale, le rapport souligne que les trois quarts de la population active sont écartés de la couverture assurancielle. Les femmes sont les plus concernées par cette exclusion du fait qu’elles sont les moins nombreuses à accéder à l’emploi salarié protégé. Ainsi, les droits sociaux ne couvrent quasiment que les travailleuses employées dans le secteur public et dans quelques grandes entreprises privées, la proportion des femmes est de 8,5% contre 18,5% pour les hommes. Il  est à noter que seulement 12% des personnes handicapées sont affiliées à  l’assurance maladie obligatoire (AMO). Pour remédier à cette situation, les ONG recommandent de réformer les régimes de sécurité sociale   en intégrant les principes de l’égalité et l’équité. Le document relève également que le système de la santé connaît de graves dysfonctionnements qui touchent particulièrement les femmes, surtout en milieu rural.

Les 2/3 des mortalités maternelles surviennent en milieu rural où plus du tiers des femmes n’ont pas recours à la consultation pré-natale. Près de la moitié d’entre elles continuent à accoucher à domicile, ceci est d’autant plus grave que 92% des décès pourraient être évités.

Par ailleurs, les associations estiment que le projet de réforme du code pénal reste marqué par une vision patriarcale et discriminatoire, aussi bien au niveau de sa philosophie, sa structure que de ses dispositions. Ainsi, les dispositions relatives au viol introduisent une hiérarchie entre les victimes (mariées et non mariées, vierges et non vierges) et n’incriminent pas le viol conjugal.
Par ailleurs, la criminalisation des relations sexuelles hors mariage, de l’adultère et de l’IVG, incite des femmes enceintes soit à des tentatives d’avortement mortelles, soit à l’abandon des enfants, voire à des infanticides.

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