Pour que lumière soit faite

Le gouverneur a saisi cette occasion pour donner aux parlementaires européens un bref aperçu historique sur le processus de recouvrement par le royaume de ses provinces de sud, notamment les étapes du plan de règlement de l’ONU depuis 1991 et l’opération d’identification, comme volet principal dans ce plan qui a débuté en 1984.
Le responsable a également inventorié les obstacles dressés par les ennemis de l’unité territoriale du Maroc pour faire échec à cette opération, que le royaume avait dénoncés en leur temps en produisant des preuves sur les manoeuvres, l’injustice et l’exclusion dont ont été victimes les postulants à l’identification. C’est devant l’entêtement de l’autre partie pour contrecarrer le plan de règlement dans son ensemble, que l’ONU a été amenée à considérer que le plan ne mènera à rien et à inviter les parties concernées à prospecter d’autres alternatives, a expliqué M. Chabar. Le Maroc a toujours fait preuve de bonne volonté, puisque dès la réunion de Berlin en septembre 2000, le royaume faisait part de sa disposition à ouvrir des négociations sincères et responsables avec l’autre partie pour rechercher une solution politique à ce conflit artificiel dans le cadre de sa souveraineté intégrale sur ses provinces récupérées. C’est sur la base de cette disposition que le secrétaire général de l’ONU, en accord avec envoyé spécial, a proposé, dans son rapport du mois de juin 2001, le projet de plan cadre comme terrain de négociations entre les parties. M. Chabar a expliqué aux députés européens que le Maroc, fidèle à ses engagements, a accepté par principe ce projet comme cadre de négociations du moment que sa souveraineté sur ses territoires restait intacte, au moment où les séparatistes du polisario, soutenus par l’Algérie, rejetaient le plan. Dans la même foulée, a-t-il ajouté, le Maroc a exprimé sa vive préoccupation de la situation dramatique des séquestrés dans les camps de Tindouf et sa vive condamnation de l’exploitation des séquestrés et des détenus marocains à Tindouf comme moyen de pression sur le Maroc et l’ONU. Les autorités marocaines ont également à maintes reprises appelé à faire le distinguo entre l’humanitaire et le politique, conformément aux derniers rapports du secrétaire général et en harmonie avec la volonté de la communauté internationale et les dispositions du droit humanitaire international. Les députés européens ont également pu entendre plusieurs chioukh des tribus et les observateurs du processus d’identification qui ont présenté leurs témoignages sur les manoeuvres, les violations et les entraves systématiques auxquelles a eu recours le polisario pour torpiller le processus d’identification et le plan de règlement, en éliminant des milliers de saharouis des listes de vote et en privant des tribus entières de leur droit à l’expression.
Les intervenants ont aussi mis l’accent sur les vices qui ont entaché le recensement espagnol de 1974, eu égard notamment à sa durée (un mois), aux moyens logistiques qui lui ont été affectés (10 voitures), ainsi qu’au timing de sa mise en exécution qui a coïncidé avec le mois de ramadan et une période de sécheresse ayant contraint des milliers d’habitants à se déplacer vers le nord du royaume à la recherche de pâturages pour leurs troupeaux ou encore pour se mettre à l’abri de la répression du colonisateur espagnol, notamment après l’opération Ecouvillon de 1958. Des facteurs, ont-ils souligné, qui ont fait que des milliers de personnes n’ont pas été pris en considération dans ce recensement. La présidente de la délégation du Parlement européen, Mme Catherine Lalumière (France), du parti socialiste européen, a déploré que la question du sahara et la situation des relations entre le Maroc et l’Algérie ne facilitent guère la coopération avec l’union européenne, mettant l’accent sur la nécessité de trouver une solution à ce conflit.
Les membres de la délégation s’étaient réunis mardi en fin de matinée, avec le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU à Laâyoune chargé du Sahara, M. William Lacy.

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