Pour toute la vérité sur l’affaire Ben Barka

Il y a tente trois ans, jour pour jour, le leader nationaliste marocain, Mehdi Ben Barka, fut enlevé à Paris. Le triste anniversaire sera doublement commémoré. Outre les manifestations qui seront organisées à cette occasion par les formations politiques issues de l’Union nationale des forces populaires ( UNFP), en l’occurrence, l’USFP, le PADS ( Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste) et le CNI ( Congrès national ittihadi), en plus du courant «Fidélité à la démocratie», d’autres organisations et associations seront au rendez-vous. Il s’agit en premier lieu des trois principales ONG actives dans le domaine des droits humains, à savoir l’AMDH ( Association marocaine des droits humains), l’OMDH ( Organisation marocaine des droits de l’Homme) et le Forum Justice et vérité. Ces trois ONG ont décidé de tenir une série de manifestations en commun. A Rabat, un sit-in devrait être observé, hier soir, devant le siège du Parlement, tandis qu’en France, une autre manifestation doit se tenir aujourd’hui devant Café Lipp, à Paris, c’est-à-dire au même endroit où a été enlevé Mehdi Ben Barka, par des policiers français avant de le livrer à ses assassins. Mehdi Ben Barka était à l’époque en exil et s’apprêtait à présider la réunion tricontinentale qui devrait avoir lieu à la Havane.
L’enlèvement est intervenu au moment où il était, en tant que dirigeant de l’UNFP, en contact avec des émissaires marocains pour un retour au Maroc et la constitution d’un gouvernement national. Mais ce projet, qui devrait voir le jour pour baliser le terrain à une réconciliation entre les pouvoirs publics et l’opposition, notamment après les événements de mars 1965 à Casablanca, a été avorté suite à la disparition de ce dirigeant nationaliste. Bien entendu, le Forum Justice et vérité, l’AMDH et l’OMDH inscrivent leur démarche dans le cadre d’une commission de suivi des recommandations et résolutions du Colloque national sur les violations flagrantes des droits de l’Homme au Maroc, tenu il y a deux ans à Rabat.
Pour cette commission, l’objectif escompté à travers l’organisation des manifestations de Rabat et de Paris consiste en le maintien de la pression sur les autorités publiques pour les amener à adopter le projet de la constitution d’un organisme national chargé d’établir la vérité sur les irrégularités qui ont caractérisé certaines périodes du Maroc. Cela dit, pour l’USFP, le parti le plus concerné par cette affaire, il semble que la tendance générale opte pour la commémoration de cet événement dans le calme et dans un esprit «constructif» qui ne saurait nuire aux négociations en cours pour la constitution du nouveau gouvernement.
Dans le même ordre de préoccupations, l’on s’achemine au sein de ce parti vers plus de fermeté au niveau de la lutte sociale et syndicale au sein de la CDT.
Un message clair qui se profile derrière l’annonce, par l’organe de presse arabophone de cette formation politique, de la commémoration du décès d’Ahmed Bouzidi, membre fondateur de la CDT, mort en France en 1981.

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