Pour une négociation organisée

Pour une négociation organisée

ALM : Qu’en est-il de la négociation sociale dans l’entreprise ?
Omar Benbada : La négociation sociale au sein de l’entreprise a toujours existé même si elle a revêtu des formes diverses. Mais aujourd’hui, on parle plus d’une négociation organisée dans le cadre d’un véritable  processus de gestion des désaccords sur les intérêts des parties,  en vue d’une satisfaction contractuelle des revendications ou des besoins des uns et des autres.

Comment est vécue la négociation sociale dans l’entreprise marocaine ?
La négociation sociale  est toujours un moment  attendu pour les apports positifs qui peuvent en découler, et redouté pour les risques de conflits qu’elle peut engendrer. C’est un fort moment de gestion des relations professionnelles, voire de la conflictualité au sein de l’entreprise. Une bonne négociation ne s’improvise pas, elle doit être anticipée par une communication appropriée et une préparation laborieuse. Une information transparente et continue sur les objectifs et la situation de l’entreprise est plus que nécessaire.
 
Et la Convention collective dans tout cela ?
La convention collective au Maroc reste le parent pauvre de la négociation sociale qui est toujours en attente de reconnaissance, d’institutionnalisation et d’application. Elle reste cependant l’outil majeur de régulation et de modernisation des relations professionnelles dans le cadre  d’une logique de négociation « gagnant- gagnant». Il est important de noter que le nouveau code du travail encourage la conclusion de Conventions collectives et que le paysage des relations professionnelles a connu, ces derniers temps, la signature d’accords en ce sens dans plusieurs entreprises.

Le code du travail a traité la question des négociations collectives sous différents angles. Etes-vous satisfait de cette approche ?
Le code du travail a institué l’obligation de négociations collectives à tous les niveaux des relations professionnelles, et a par ailleurs défini les parties prenantes et les conditions de cette négociation.Au niveau de l’entreprise, la négociation collective doit être organisée une fois par an ou selon une périodicité contractuelle, et ce entre l’employeur ou ses représentants et le syndicat le plus représentatif dans l’entreprise. La loi est là, elle me paraît satisfaisante. Il faut cependant la mettre en application avant d’en évaluer l’efficience ou de proposer des aménagements.

Selon votre propre expérience, quels seraient les atouts nécessaires à avoir dans le futur pour réussir davantage les négociations ?
Au niveau global, un certain nombre de mesures d’accompagnement s’avèrent nécessaires : sensibilisation, assistance à la négociation et à la mise en place d’accords et de conventions collectives…
Au niveau de l’entreprise, le premier pas consisterait à adopter une nouvelle approche de gestion des relations professionnelles qui accompagnerait la mise en place des institutions représentatives du personnel. Il est aussi primordial de développer une nouvelle culture permettant le développement de capacités internes et partagées d’ouverture du dialogue, de compréhension du point de vue de l’autre, de détermination de la véritable nature des problèmes posés,  de recherche  diversifiée de solutions acceptables et enfin de respect des engagements.

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