Pour une refondation du système énergétique

Pour une refondation du système énergétique

Tous les hommes réfléchis conviennent que la configuration actuelle de la société marocaine porte les germes de grands changements.
En effet, nous entrons dans un temps de mutation, c’est-à-dire, un point d’inflexion dans le fil de l’histoire. Cette transformation de nos horizons exige de la part de tous les responsables de préparer sinon mettre en œuvre des projets qui intègrent cette nouvelle donne.
Au Maroc, depuis peu, une nouvelle dynamique est impulsée pour le lancement de grands et divers chantiers à caractère économique et social, susceptibles de faire gagner des points de croissance , tels que : le programme de construction de nouvelles autoroutes, et d’infrastructures pétrolières, gazières et électriques, l’aménagement de zones touristiques dans le cadre du plan Azur, le renforcement des voies de liaison par chemin de fer, les structures d’accueil pour recevoir 10 millions de touristes à l’horizon 2010 et le redéploiement de nouvelles villes ainsi qu’un plan intégré de construction de logements sociaux, prenant en charge la nouvelle dimension du développement humain. Il est évident que de tels objectifs ambitieux mais réalistes sont accompagnés de profondes réformes politiques, visant la consolidation de la démocratie participative.
A l’heure de ces grands enjeux, des choix en matière de politique énergétique, ne pourraient résulter que d’une prospective énergétique qui constituera un outil indispensable pour explorer les diverses solutions face à ces défis :
• La sécurité d’approvisionnement à long terme.
•Les tensions sur les prix des énergies.
• La préservation de l’environnement.
• La raréfaction des réserves d’énergies fossiles.
• La refondation du système énergétique après l’ouverture des marchés.
L’élaboration de ces projets ne peut plus être déconnectée de ces
nouveaux caps et une démarche prospective systématique est rendue, ainsi, nécessaire. S’il y a foisonnement d’éléments significatifs de la mutation, il est indispensable d’en dégager des scénarios du futur qui soient appropriés à l’instance qui s’engage dans cette démarche.
L’élaboration des scénarii du futur reposera sur les données telles par exemple : La croissance économique déclinée par secteur, la démographie, le nombre de foyers , le flux migratoire de départ et retour, le nombre de véhicules , le transport ventilé (les transports en commun dans les villes, les transports en commun sur les longues distances, les transports terrestres de marchandises , les transports maritimes de marchandises, les transports aériens), l’agriculture, l’irrigation, l’industrie, la parité du taux de change entre le dirham, l’euro et le dollar, le prix du Brent à 60 ou 70$ le baril, la libéralisation de l’électricité, la libéralisation de la production de l’électricité, l’introduction du gaz naturel pour la production de l’électricité et comme énergie de substitution pour l’industrie et le transport. Un baromètre d’opinions : grand public, les industriels pour jauger l’efficacité énergétique et la compétitivité des prix de l’énergie … etc. Une fois toutes ces données de base réunies, les pouvoirs publics se doivent, alors, d’engager un débat sur l’énergie pour recueillir l’adhésion de tous à un état de lieux, à une projection des tendances et à la construction conséquente d’une véritable vision d’une politique de l’énergie.
Ce débat sera nourri non seulement par les avis d’experts, d’initiés mais surtout de representants de la société civile, consommateurs, transporteurs, distributeurs, producteurs, écologistes, des représentants des collectivités locales et de l’aménagement du territoire car seul un travail d’équipe permet une créativité collective, une élaboration partagée entre des personnes de préoccupations semblables avec éventuellement des expériences différentes.
La question de l’énergie n’est pas seulement un sujet technique, mais c’est un véritable débat de société qui va s’imposer de lui même parce que des choix seront faits sur lesquels pèseront les contraintes :
1- de la présence bu absence des gisements du pétrole et du gaz sur notre territoire.
2- du réchauffement climatique.
Aujourd’hui, au Maroc, près de 35 millions de tonnes de carbones dus à l’énergie sont rejetées dans l’atmosphère et près de 7 milliards de tonnes, pour la planète entière ; il en résulte une augmentation de la température de la planète avec des conséquences entraînant des dégâts majeurs dont une évidente atteinte à la santé et au développement humain. Pour participer au débat international et y peser peu ou prou, le Maroc, dans un cadre régional maghrébin et méditerranéen, devra se doter d’une véritable diplomatie de l’énergie.

Par My Abdellah Aloui
Président de la Fédération de l’Energie

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