Pourquoi le sang placentaire est-il si précieux?

Pourquoi le sang placentaire est-il si précieux?

Le CHU de Marrakech a lancé la première banque au Maroc

«Ce sang qui est présent dans le cordon ombilical reliant la mère à son bébé est très riche en cellules souches hématopoïétiques. Il s’agit des mêmes cellules qui sont présentes dans la mœlle osseuse et qui donnent naissance, tout au long de notre vie, à l’ensemble des cellules du sang, d’où son grand intérêt thérapeutique».

Il y a encore quelques jours, le Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI de Marrakech avait annoncé le lancement de la première banque de sang placentaire au Maroc. Cette banque constitue un véritable espoir pour de nombreux patients qui souffrent d’un cancer (leucémies aiguës, leucémies chroniques, lymphomes, neuroblastome) en attente d’une greffe de cellules souches hématopoïétiques ainsi que pour les patients atteints de maladies non cancéreuses telles que les aplasies médullaires. Pourquoi conserver le sang placentaire ?

Le Pr Anass Belbachir, responsable de la banque de sang placentaire au centre de recherches cliniques au CHU Mohammed VI de Marrakech, explique que «ce sang qui est présent dans le cordon ombilical reliant la mère à son bébé est très riche en cellules souches hématopoïétiques. Il s’agit des mêmes cellules qui sont présentes dans la mœlle osseuse et qui donnent naissance, tout au long de notre vie, à l’ensemble des cellules du sang, d’où son grand intérêt thérapeutique». Il faut bien comprendre que pour recevoir une greffe de moelle osseuse, il faut trouver un donneur compatible, généralement un donneur apparenté. Cela dit, dans seulement 1/3 des cas, il est possible de trouver un donneur compatible dans la famille de la personne malade.

C’est pourquoi le sang de cordon constitue donc une solution de rechange intéressante pour obtenir des cellules souches compatibles. Quant au prélèvement de ce sang précieux, le Pr Belbachir signale qu’avant d’entamer cette procédure très simple, la future mère doit être préalablement informée de cet acte et elle doit donner son consentement. Le don est anonyme et gratuit. «Le prélèvement de sang de cordon a lieu dans les minutes qui suivent l’accouchement, lorsque le cordon ombilical vient d’être coupé et que le placenta est encore dans l’utérus. Après l’expulsion fœtale et avant la délivrance du placenta, une poche de prélèvement est reliée au cordon par l’intermédiaire d’une aiguille et d’une tubulure. Le cordon est ainsi vidé de son sang qui contient les cellules souches». A ce sujet, le Pr Belbachir précise que «le prélèvement doit se faire rapidement. Il ne doit pas dépasser un quart d’heure après l’accouchement pour éviter que le sang ne se coagule».

Une fois que le sang de cordon a été prélevé, il doit être analysé. Les analyses permettront de savoir exactement s’il est utilisable et sans anomalie. Si des anomalies sont constatées, le sang de cordon pourra être détruit. De même, si une unité de sang de cordon contient trop peu de cellules, elle ne sera pas conservée. Dans le cas contraire, le sang placentaire sera congelé dans de l’azote liquide. «Le sang doit être conservé à -180 degrés dans de l’azote liquide», signale le responsable de la banque. A travers cette première banque de sang placentaire, le CHU Mohammed VI de Marrakech espère stocker un grand nombre de dons. Dans un premier temps, le CHU travaillera avec sa propre maternité. «Chaque année, nous enregistrons 16.000 naissances au sein de notre maternité. Ce qui constitue un nombre suffisant pour un début.

Par la suite, nous envisageons de travailler avec d’autres maternités à Marrakech», indique Pr Belbachir. Signalons que le noyau dur de cette banque est composé de 3 personnes, à savoir le Pr Belbachir ainsi qu’une technicienne et un biologiste. A cette petite équipe, s’ajoutent les sages-femmes de la maternité du CHU. Quant à la question de savoir pourquoi il a fallu attendre tant d’années avant de créer cette première banque au Maroc, le responsable explique «La conservation du sang placentaire n’a réellement débuté en France qu’en 2009. Il faut aussi signaler que l’infrastructure coûte très cher. Il s’agit d’un investissement très lourd». Cette pratique déjà installée dans de nombreux pays, notamment en France a montré que le sang placentaire exige une moins grande compatibilité entre donneur et receveur que lors d’une greffe de moelle osseuse. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi le nombre de greffes de sang placentaire augmente régulièrement. Les études médicales ont révélé qu’il était possible de réaliser une greffe de sang placentaire pour les adultes avec des résultats similaires aux greffes de moelle osseuse, dans des indications bien précises comme la leucémie aiguë.

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