Priorité pour la zone Nord

Aujourd’hui Le Maroc : comment vous est venue l’idée de créer cette Association ? Et d’où vient son nom ?
Dr Mohamed Réda Mouffak : Je commencerai par rappeler que Moulay El Hassan Belmehdi, qui résidait à Tétouan, était le khalifa  du Sultan dans la zone Nord du Royaume, alors sous protectorat espagnol. Après l’indépendance, cette personnalité estimée a été nommée ambassadeur du Royaume dans plusieurs capitales européennes, dont Londres et Rome, avant d’être nommé Gouverneur de la Banque du Maroc de 1969 à 1983. Son épouse, SA la princesse Lalla Fatima-Zahra Laâziziya, personnalité connue et reconnue du monde associatif, notamment en ce qui concerne la question de la femme, est d’ailleurs notre présidente d’honneur.
Nous sommes des personnes originaires du Nord, de différentes tendances et de différents profils (médecins, enseignants, hommes d’affaires, parlementaires…) qui se sont réunies pour discuter des moyens de discuter du développement de Tétouan et de sa région. Au fil des discussions, le projet de création d’une association était né et son champ d’action a dépassé celui qu’il s’était assigné au départ, pour englober les treize provinces du Nord. Une proposition qui a été adoptée à la majorité des participants, lors de l’assemblée générale constitutive qui s’est tenue le 24 mai 2003 à Tanger. La ville abrite d’ailleurs le siège de notre association.

Où se situe votre champ d’action?
Partant du constat que la région du Nord vit effectivement des problèmes aigus et prenant en considération l’intérêt que porte SM le Roi Mohammed VI à ces provinces, nous avons créé cette association pour y promouvoir les volets économique, social et culturel. Chacun sait que les provinces du Nord étaient un tant soit peu négligées. Cela, tout en sachant que le Nord constitue un vivier de compétences et que nous ne sommes qu’à quelques petits kilomètres de l’Europe. Outre la lutte contre la pauvreté, la délinquance et l’analphabétisme, l’un de nos objectifs est de faciliter et de favoriser l’investissement étranger dans notre région. Les contacts de chacun de nos membres avec des amis résidant en Europe va permettre de tisser des relations efficientes et fructueuses entre notre association et celles existant en Europe et qui n’attendent que l’occasion de travailler avec nous dans un cadre institutionnel.  Je pense à des exemples concrets, comme des associations établies dans la région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur). Nous entendons également renforcer le tissu associatif et venir compléter le travail d’autres associations existantes. Sans oublier l’intégration du Nord dans le bassin euro-méditerranéen et l’identité maghrébine, ainsi que les relations Sud-Sud. J’ajouterai que si on veut effectivement veiller au développement permanent des régions, il faut absolument associer les ONG à cette tâche, afin de faire la complémentarité Etat/société civile.

Concrètement, cela se traduirait comment ?
Comme je vous l’ai dit, en favorisant l’arrivée de capitaux étrangers auxquels nous essaierons de faciliter la tâche. Mais aussi de proposer des projets étudiés, ficelés. Dans ce même cadre, nous avons, entre autres objectifs, la mise  en place d’un programme social d’investissement pour les MRE originaires du Nord. D’autre part, pour promouvoir l’économie locale, il faut créer de l’emploi. Pour cela, nous avons pensé, en partenariat avec la Commission européenne, à faciliter l’obtention et l’octroi de micro-crédits qui créeront de l’emploi, favoriseront la consommation, qui elle-même, générera du profit. De même, nous entendons aller dans le sens de la construction de petits ports de pêche pour faciliter la vie aux petits pêcheurs. Cela avec pour perspective de lutter contre l’exode rural et par là-même, contre le fléau de l’émigration clandestine.

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