Prisons : Comment éviter les déviances

Prisons : Comment éviter les déviances

Extrémisme, usage de drogue, violence, pratiques perverses…les déviances dans les établissements pénitentiaires sont légion. Pour réduire l’ampleur de ce phénomène, les participants à la deuxième conférence régionale sur les réformes pénitentiaires, dont les travaux se sont déroulés du 18 au 20 avril au Palais des Congrès à Skhirat, ont appelé à la création d’une commission composée de représentants des différents pays. Laquelle commission sera chargée d’étudier les moyens à mettre en œuvre pour lutter contre les déviances en milieu carcéral.
Le phénomène de l’extrémisme et de la propagation des idées fondamentalistes dans les institutions pénitentières, qui a pris une ampleur alarmiste, a eu la part du lion lors de cette rencontre, à laquelle ont pris part des représentants de plusieurs pays arabes, d’Afrique et d’Europe.
Lors de son intervention, le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, a souligné l’importance de la réinsertion des détenus au sein de la société pour combattre ce phénomène. «L’apport de la société civile, a-t-il ajouté, est considérable pour la réussite du processus».
De son côté, le directeur des Affaires pénales et des Grâces au ministère de la Justice, Mohamed Abdenabaoui, considère que la lutte contre l’extrémisme en milieu carcéral doit se baser sur une approche globale tenant en compte les aspects sécuritaire, social et psychologique pour éradiquer le mal à la racine.
La conférence, qui est organisée par le ministère de la Justice et la direction de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, en partenariat avec l’ambassade de la Grande-Bretagne au Maroc, a été également l’occasion pour échanger les expériences et présenter les stratégies adoptées par les pays touchés par le phénomène de déviance en milieu carcéral. Dans ce sens, le représentant de l’Arabie Saoudite, Houcine El Harti, Directeur général des prisons, a indiqué que «le dialogue est l’un des moyens efficaces pour lutter contre la pensée extrémiste et intégriste». «Ainsi, poursuit-il dans son intervention, une commission a été mise en place, composée d’ouléma et d’experts dans différents domaines, pour instaurer un dialogue avec les extrémistes».
Pour sa part, le représentant espagnol a également mis en exergue l’importance du dialogue pour venir à bout de cette problématique. «La stratégie espagnole, a-t-il dit, en outre, comprend la création de nouveaux établissements où les détenus extrémistes seront séparés des autres prisonniers pour limiter leur influence et contenir la propagation de l’extrémisme».
Par ailleurs, cette rencontre a été particulièrement marquée par la tenue de trois ateliers. Le premier a porté sur la prise en charge au quotidien des prisonniers aux caractéristiques spécifiques, sur les politiques administratives et sécuritaires suivies dans leur traitement, ainsi que sur certaines solutions et suggestions portant sur leurs situations psychique, sociale et sécuritaire.
Le second atelier a porté, quant à lui, sur le rôle de la société civile dans la gestion des affaires carcérales, eu égard à son importance dans la qualification des établissements pénitenciers.
 Les participants au troisième atelier ont, de leur côté, souligné l’importance de promouvoir la culture de la réinsertion et de la création d’une institution qui veillerait sur l’accompagnement post-carcéral.

 

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