Problématique de la désertification

ALM : La désertification est l’un des impacts que le réchauffement de la planète peut avoir sur la surface de la Terre. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Pr. M. Qarro : La désertification est un processus de dégradation des milieux naturels. Les agents responsables de la désertification sont l’Homme et les facteurs climatiques. L’Homme est le facteur responsable du déclenchement du processus de désertification, il joue le rôle « moteur » et les perturbations climatiques jouent le rôle « d’accélérateur ».
La responsabilité de l’Homme est contenue dans les activités abusives qu’il est contraint d’exercer suite à la rupture de l’équilibre entre l’homme et son environnement induit par la pression sur la terre et la pauvreté de la population rurale. La désertification se manifeste par la dégradation du sol et du couvert végétal, causée par les activités humaines non compatibles et destructives qui dans certains cas sont aggravées par des sécheresses ou des répartitions irrégulières des pluies saisonnières et annuelles.
La réduction du couvert végétal a des impacts sur la répartition des pluies à l’échelle régionale. Par exemple la déforestation des forêts équatoriales a des effets négatifs sur la quantité et la répartition des pluies dans les régions de l’Afrique du Nord.
Au Maroc, quelles sont les zones où la désertification pourrait se produire ?
La désertification est un phénomène qui peut toucher toutes les zones quels que soient le climat et la situation géographique. Au Maroc, la désertification touche, en premier ordre les zones arides sous l’effet des actions de surpâturage, la mise en culture des terrains de parcours et l’irrigation des sols salés et en second ordre les zones forestières sous l’effet des actions abusives de coupe de bois, de surpâturage et de la sédentarisation.
Quelles sont les conséquences directes de la désertification dans les zones touchées ?
Les conséquences directes de la désertification sont multiples aussi bien au niveau de la dégradation de la structure horizontale et verticale de la végétation, voire sa disparition, qu’au niveau de la dégradation du sol et du bilan hydrique. Cette dernière entraîne la réduction de la fertilité des sols et leur érosion. La dégradation de la qualité des sols limite par la suite l’installation des semis des plantes et donc une réduction de la biodiversité des écosystèmes.
La désertification a aussi des impacts sur l’aval par l’envasement des barrages, suite à l’érosion des sols, et la réduction des rendements et de la productivité des terres agricoles.
La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification est destinée à aborder le problème de la désertification, en adoptant une approche d’association entre les gouvernements et les populations locales. Qu’en est-il au Maroc ?
La lutte contre la désertification ne peut être dissociée de la lutte contre la pauvreté et le développement rural durable dans le monde rural. Le développement rural durable viable ne peut être assuré que dans le cadre d’une approche participative avec la population locale. C’est actuellement la stratégie adoptée par le gouvernement dans les projets de coopération financés par les organismes internationaux : CEE, Banque Mondiale, la GTZ, etc. Des expériences sont en cours et ont donné des résultats à promouvoir au niveau du Parc national de Tazakka, Chefchaouen, Aknoul, etc.
L’approche partenariale entre la population locale et l’Etat est à ses débuts et se trouve toujours entravée par le manque encore de confiance entre la population et les services de l’Etat et le manque d’initiatives innovatrices pouvant encourager l’adhésion des ruraux au processus de conception, de mise en place et du suivi des projets de développement.

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