Procès d’Al Adl Wal Ihssane

Le procès de trois militants de l’Association islamiste Al-Adl Wal-Ihssane, arrêtés samedi par la police à Berrechid pour distribution illégale de tracts, doit s’ouvrir le 19 novembre, a annoncé dimanche cette organisation.
Un responsable de cette association, Kamil Yassine, a déclaré dimanche à l’AFP que, contrairement à une première information, la police avait arrêté trois militants islamistes et non pas quatre.
Il a en outre indiqué que lors de leur interrogatoire, « les trois prévenus ont été torturés par la police». «C’est archi-faux, nous n’avons torturé personne», a affirmé à l’AFP un responsable de la police. «Un prévenu a reconnu de son plein gré les faits et les deux autres ont nié les accusations. Cela est mentionné dans leur rapport d’audition.»
Les trois militants d’Al-Adl Wal-Ihssane ont été présentés dimanche devant un procureur du tribunal de première instance de cette ville «pour distribution de tracts dans une mosquée». La distribution de ces tracts, selon Al-Adl, s’inscrivait dans le cadre d’un mouvement de solidarité avec le peuple palestinien organisé vendredi devant une mosquée de la ville par la section régionale de l’association.
Le parquet a écroué Mohamed Aït Al Izzi, un des responsables de la section d’Al-Adl Wal-Ihssane et accordé la liberté provisoire aux deux autres prévenus, selon la même source. Interrogé sur les raisons des arrestations de leurs trois militants, Mohamed Aït Al Izzi, Mohamed Kawter et Mostapha Abed, le secrétaire général de la jeunesse d’Al Adl Wal Ihssane, Omar Aherchane, estime qu’il s’agit d’une mesure arbitraire et archaïque connue au Maroc qui démontre l’absence de changement au niveau du comportement des autorités à l’égard de son association partisane.
Et de préciser, en guise de démenti, qu’il n’est pas des habitudes de la Jamaâ de recourir à la distribution de tracts. M. Aherchane a, en outre, exprimé ses craintes de voir se consolider l’aspect sécuritaire dans notre pays. En ce qui concerne l’arrestation des trois membres précités, il a confirmé que le seul point pour lequel ils seront poursuivis concerne leur manifestation de soutien à la lutte du peuple palestinien, en ce mois de ramadan; et ce sachant que chaque 29 novembre, le monde entier célèbre la journée mondiale de soutien au peuple palestinien. «Or, réplique-t-il, il aurait été du droit de l’Etat de soutenir cette initiative, au lieu de la réprimer, et de torturer les trois militants de la Jamaâ arrêtés pour des raisons n’ayant aucun fondement légal».
Par ailleurs, concernant le procès du mardi 19 novembre, il annonce que si M. Aït Al Izzi devra se présenter en état d’arrestation, ses deux autres amis pourraient se présenter en liberté provisoire. Mais là n’est pas la question, conclut-il, puisque l’essentiel est de répondre aux besoins de la société en matière de liberté d’expression et de respect des droits humains.

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