Projet «Coproduction de la propreté»: L’éducation au cœur d’un avenir «green»

Projet «Coproduction de la propreté»: L’éducation au cœur d’un avenir «green»

Il ne s’agit pas uniquement d’un appel à la mobilisation environnementale, mais d’une vraie science qui peut être enseignée aux générations à venir. Il s’agit du projet «Coproduction de la propreté», qui vise l’adoption du tri sélectif et la valorisation des déchets ménagers.

Le projet est chapeauté par des enseignants académiques spécialisés dans les Sciences de la vie et de la terre (SVT) au niveau de plusieurs régions du Maroc. Ces enseignants ont décidé, voilà maintenant presque quatre ans, d’améliorer l’état de propreté des espaces de vie des citoyens que ce soit au niveau des quartiers urbains ou au niveau des milieux naturels périurbains du Royaume.

Plus de 50 quartiers sont actuellement impliqués dans le mouvement dont la portée ludique est purement environnementale. Selon les derniers chiffres de l’Association des enseignants des sciences de la vie et de la terre (AESVT), actrice du projet, l’objectif fixé au démarrage a visé l’implication d’environ 90 quartiers dans l’adoption du tri sélectif des ordures ménagères polluant les rues des quartiers. Après deux années de réalisations, ils étaient déjà à 55% de réalisation de cet objectif. En parallèle, 60 écoles se sont engagées à adopter les techniques de tri et de valorisation (66% d’atteinte d’objectifs après deux années de réalisation). L’ambition de ces enseignants a même dépassé les espérances. Pour ces acteurs, il est primordial de dépasser la notion élémentaire des déchets, en utilisant ses ressources de haute utilité développementale. Et cela ne peut se faire qu’à travers l’adoption d’une chaîne de valorisation appropriée et contextuelle.

Aujourd’hui, à quelques jours de la COP22, le résultat est palpable. Le système de tri est instauré à 70% dans la plupart des quartiers ciblés. Certains ont même pu atteindre les 100%. Pour ce faire, le projet a veillé à la sensibilisation de plus de 47 autres acteurs associatifs de différentes régions. Ce qui a permis de couvrir une population estimée aujourd’hui à plus de 300-460 élèves et la sensibilisation de 9.298 familles. A noter également qu’en parallèle, le bilan de l’AESVT indique que plus de 74 points noirs ont été identifiés dont 27 sont déjà éliminés dans le cadre du projet.

D’autres opérations annexes ont été pilotées par l’AESVT à travers le Royaume, dont l’opération «Nettoyage d’un site naturel». Actuellement, plus de 2.250 personnes sont impliquées dans le cadre des concours nationaux «Ecole propre» et «Quartier propre», qui sont ouverts du 8 au 27 octobre, et qui sollicitent la participation de toute école privée ou publique et tout quartier désirant encourager les citoyens marocains à s’approprier les questions environnementales. Ces initiatives seront couronnées, le 14 novembre 2016, durant la journée «Education Day» lors de la tenue de l’événement phare de l’année, la COP22 à Marrakech.

L’Association des enseignants de la vie et de la terre ne pense pas s’arrêter là. «Bien que le projet «Coproduction de la propreté» ait prévu de prendre fin en 2017, il y a de fortes chances qu’il soit reconduit pour encore quelques années», apprend-on de Mehdi Alami Laaroussi, responsable communication de l’AESVT. Pour ces acteurs éducatifs, les projections peuvent dépasser le tri sélectif des déchets, en passant par l’augmentation de la performance du secteur de la gestion des déchets à travers la généralisation du tri à la source au niveau de tout le Maroc, comme alternative durable en matière de développement. Et enfin par la création d’un réseau de récupération des déchets qui favorise leur valorisation en filières. Ceci ne peut être efficace que par la création d’un climat de gestion commune qui peut assurer le partage des responsabilités selon le concept du projet.

Maryem Laftouty

(Journaliste stagiaire)

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