avril 29, 2017

Promotion de l’enseignement selon le Conseil d’Azziman: Les bonnes valeurs d’abord pour réussir l’éducation

Promotion de l’enseignement selon le Conseil d’Azziman: Les bonnes valeurs d’abord pour réussir l’éducation

Le CSEFRS veut, selon son président, développer les bonnes valeurs dans le comportement quotidien des générations d’apprenants. Le tout en tenant compte d’un certain nombre de considérations.

Le rapport consacré par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) à «l’éducation aux valeurs dans le système national d’éducation, de formation et de recherche scientifique» est susceptible de constituer une matière intéressante pour les acteurs dans le secteur éducatif désormais chapeauté par Mohamed Hassad. «L’éducation aux valeurs interpelle aujourd’hui de manière pressante notre société, et au premier chef, les institutions éducatives et l’école», estime, lors de la présentation du rapport, mercredi à Rabat, Omar Azziman qui qualifie celui-ci de «premier en son genre» à être réalisé par le Conseil.

De l’importance des valeurs dans le système éducatif

En s’intéressant à l’éducation aux valeurs, le CSEFRS veut, selon son président, développer les bonnes valeurs dans le comportement quotidien des générations d’apprenants. Le tout en tenant compte d’un certain nombre de considérations. Selon M. Azziman, il s’agit, en premier lieu, de l’impérieuse nécessité d’ancrer le système des valeurs conformément à la Constitution. La deuxième considération étant le rôle central et incontournable de l’école en matière de socialisation précoce des apprenants. «C’est à elle en effet que revient la mission d’éduquer aux valeurs religieuses et citoyennes et ce, en parfaite intelligence avec les autres institutions et acteurs étatiques et sociaux, notamment les familles, les instances politiques et syndicales, les associations et les médias dont l’influence en la matière va  croissant», précise M. Azziman qui met l’accent sur la nécessité, en tant que troisième considération, de favoriser la convergence des efforts, notamment dans les institutions éducatives. L’objectif étant, selon le président, de «faire face aux incivilités de plus en plus fréquentes dans certains espaces sociaux et au sein des établissements éducatifs». D’une part, M. Azziman énumère, dans ce sens, l’indiscipline, le non-respect des rôles et de l’autre, la fraude, la violence, le harcèlement, la dégradation des biens publics ou de l’environnement. En dernier lieu, il est urgent, selon le président, de «former un citoyen en mesure de concilier entre droits et devoirs, un citoyen attaché à son identité aux multiples affluents, à son histoire et à sa patrie, conscient de ses responsabilités, respectueux de l’autre et du droit à la différence et enfin, en phase avec son époque». Des propos qui trouvent un écho dans ceux d’Abdeljalil Lahjomri, président de la commission permanente des curricula, programmes, formations et outils didactiques.

Des moyens pour éduquer aux valeurs

Le Conseil propose, selon M. Lahjomri, des moyens susceptibles d’assister l’école pour réussir l’éducation aux valeurs. «L’éducation de l’école aux valeurs est complémentaire aux autres fonctions d’éducation et de formation qu’elle accomplit», estime-t-il en mettant l’accent sur la formation des acteurs pédagogiques en tant que moyen appuyé par le développement de partenariats institutionnels entre le système éducatif et son entourage.

Le tout en portant un intérêt au rôle du développement de la vie écolière, voire estudiantine et des projets de développement des établissements dans l’ancrage des bonnes valeurs de notre société. In fine, M. Lahjomri ne manque pas de rappeler l’apport du développement de la recherche autour des valeurs et des indices destinés à évaluer son impact sur les pratiques des personnes concernées par l’éducation dont les personnes en situation de handicap. Une initiative louable.

Domaines de développement et de rénovation de l’éducation aux valeurs

Le Conseil a défini des pistes d’action pour chacun des sept domaines de développement et de rénovation de l’éducation aux valeurs. Ces domaines portent, en premier lieu, sur les programmes curricula et formations. Dans ce sens, il s’agit, entre autres, de clarifier les choix et approches adoptés pour l’intégration de l’éducation aux valeurs dans le curricula scolaire général et d’encourager la créativité et l’innovation dans l’éducation, en particulier le développement des compétences de communication et d’utilisation des outils technologiques.

Les autres domaines étant le multimédia et l’espace numérique, la vie scolaire et universitaire et les pratiques civiques, les acteurs pédagogiques, la relation à l’environnement et les partenariats avec les acteurs institutionnels et la société civile, la recherche scientifique et pédagogique, les catégories d’apprenants en situations spécifiques, souffrant de handicap ou vulnérables.   

Recommandations finales

Le Conseil recommande la mise en place d’un programme national et régional de mise en œuvre, l’élaboration d’une charte éducative nationale et contractuelle sur l’éducation aux valeurs, l’élaboration d’un cadre référentiel général du système de valeurs ciblées, la diversification des approches de mise en œuvre des propositions, en veillant à leur cohérence et leur complémentarité et la consolidation de la veille et du suivi. En outre le Conseil propose des recommandations pour réussir la mise en œuvre des propositions du rapport en rendant disponibles les ressources humaines et matérielles et les prérequis législatifs nécessaires à la mise en œuvre des propositions et recommandations de ce rapport. Il est également question d’informer, au niveau des établissements éducatifs même, des orientations du Conseil dans ce domaine, dans le cadre de l’effort de mobilisation continu des acteurs éducatifs, au sein de l’école et dans son environnement.

Défis de l’éducation aux valeurs dans le système éducatif

Selon le Conseil, le premier défi qui se pose a trait à la capacité du système éducatif national de contribuer de manière effective au développement et à la mise à niveau du capital humain, compte tenu du rôle déterminant de l’éducation, de l’enseignement, de la formation, du système des savoirs et des langues en la matière. Il s’agit ici principalement des compétences, valeurs et aptitudes comportementales liées à l’éducation aux valeurs.

Quant au deuxième défi, il se rapporte à la capacité du système éducatif de façonner et de développer un modèle de référence pour l’éducation aux valeurs, cohérent et intégré aux autres fonctions de l’école (enseignement, apprentissage, formation et supervision, recherche, etc). A son tour, le troisième défi renvoie à la nécessité d’assurer une formation de qualité aux acteurs éducatifs, tous profils confondus, en particulier dans le domaine de l’éducation aux valeurs, d’autant plus que le système de valeurs scolaires ne cible pas seulement les apprenants mais aussi les acteurs éducatifs. Cependant, le quatrième défi consiste pour le système éducatif à œuvrer pour le développement de partenariats institutionnels avec l’environnement et à en exploiter le potentiel social, culturel et matériel.

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