Protection civille : Un corps non protégé

Protection civille : Un corps non protégé

Les sapeurs-pompiers sont entre deux feux. Ils exercent leurs métiers dans les lieux les plus périlleux au risque d’y laisser la vie. Les descentes aux enfers ne leur font désormais plus peur, tellement ils se sont habitués à calmer les ardeurs des incendies et autres foyers de feux. S’ils exercent leur métier en sachant pertinemment que la protection civile est à mille lieues d’être une sinécure, ils vivent toujours sous la crainte de se retrouver un jour invalide.
En cas d’accident, les sapeurs-pompiers ne bénéficient que d’une simple aide aux soins d’hospitalisation. Et en cas de décès, leurs proches perçoivent une somme d’argent relatif au taux de leurs cotisations annuelles. Bref, ce soldat qui sacrifie sa propre vie pour sauver celle d’un autre ne bénéficie d’aucune procédure prévoyant les démarches nécessaires suite aux multiples accidents auxquels il est confronté quotidiennement. Conscient des risques de ce métier, un jeune sapeur-pompier avoue qu’il a choisi la protection civile de son plein gré. «La protection civile n’est pas un simple métier, c’est une vocation !» dit-il. Une vocation qui demeure toutefois périlleuse.
À Casablanca, la protection civile compte 512 sapeurs-pompiers pour une population estimée à cinq millions d’habitants. Ce nombre est malheureusement loin d’être conforme avec les normes internationales en vigueur dans le domaine de la protection civile. Normalement, pour 700 habitants il faut 1 sapeur-pompier.
Chargée de la protection des personnes, des biens et de l’environnement, la protection civile de la région de Casablanca vient de fêter sa journée mondiale et de lever le voile sur le nombre de ses interventions pour l’année 2004. Le Comandant Abderahim Kabbaj affirme «que la protection civile au niveau de la région de Casablanca a assuré près de 42.000 interventions, l’année dernière, qu’un sapeur-pompier est décédé lors d’une intervention et que plusieurs d’autres ont été blessés au cours de l’accomplissement de leurs tâches ».
Concernant les incendies, celles-ci sont allées crescendo avec 4447 cas en 2004, contre 1105 seulement en 1995. Le quartier qui connaît le plus ce genre d’accidents est celui d’Aïn Sebaâ, et ce du fait de la présence massive de centaines unités industrielles et de plusieurs bidonvilles.
Répartie sur cinq Centres de secours (Anfa, Chouhada, Aïn Sebaâ, l’ancienne Médina et Mohammédia), la Protection civile casablancaise dispose également de trois autres Centres secondaires, dont deux se trouvent aux ports de Casablanca et de Mohammédia et le troisième au Méchouar. Tout en fêtant leur Journée mondiale, les sapeurs-pompiers n’arrivent toujours pas à oublier l’accident dramatique qui a secoué le quartier de Bournazel. En novembre dernier, un immeuble en phase de construction s’est effondré et a emporté avec lui trois jeunes hommes dont un sapeur-pompier, Abderrazak Lakhdar âgé de 27 ans. Ses confrères se souviennent de cet accident comme hier et continuent d’accomplir leurs tâches en bravant les risques et autres périls.

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