Psychiatrie : Driss Moussaoui se lance dans l’art-thérapie

Psychiatrie : Driss Moussaoui se lance dans l’art-thérapie

Une première au Maroc. Une unité d’art-thérapie vient de voir le jour au Centre psychiatrique universitaire ( CPU) Ibn Rochd de Casablanca. L’inauguration a eu lieu le vendredi 8 avril 2011 en présence des membres du personnel du Centre psychiatrique, du CHU, de la société civile  et d’autres personnalités. Cette unité contribuera à alléger la souffrance des patients en leur permettant d’extérioriser des pensées intérieures, des expériences passées à travers l’écriture et l’activité artistique. Cette nouvelle technique encore méconnue dans notre pays aide ainsi le patient à solliciter son imaginaire, son intuition, ses émotions, pour améliorer la qualité de la compréhension de soi. A ce sujet, le Pr Driss Moussaoui, chef du CPU Ibn Rochd a indiqué que  : «Cette unité d’art-thérapie permettra au patient de retrouver une estime de soi, tout en étant accompagné par le thérapeute qui encadre les ateliers d’expression écrite, de peinture, de dessin et les séances de jardinage». A la tête de cette unité figure une femme au grand cœur  qui travaille d’arrache-pied pour le bien-être des patients. Boushra Benyssa, artiste de formation initiale est actuellement la seule art-thérapeute au Maroc. Avec un crayon ou un pinceau à la main, elle  essaie de ramener ses patients à la raison.
En parlant de sa discipline, elle explique que : «un art thérapeute dispose d’outils pour déchiffrer les dessins ou les peintures des patients. Et à partir de là, il repère les symptômes du malade. L’art thérapeute travaille en collaboration avec les psychiatres et les infirmiers notamment lorsqu’il s’agit de pathologies lourdes. Mon travail complète celui des psychiatres». Et d’ajouter: «quand je prends un patient agité, au début, il a du mal à se tenir en place. Je dois alors trouver le moyen de communiquer avec lui pour le maîtriser. Tout repose sur la manière d’aborder le patient. Dès que je parviens à le stabiliser sur une chaise, je lui remets son matériel de peinture et lui laisse libre court d’exprimer ce qu’il lui passe dans la tête. Parfois, cela peut être choquant. Par exemple, les dessins de l’un de mes  patients ont révélé que, tout petit, il avait été victime d’abus sexuels et que lui-même abusait d’autres enfants de son entourage». Cette art thérapeute prend en charge 6 à 8 patients par jour pour un total de 110 malades hospitalisés. Quant aux activités de l’atelier, celles-ci sont très diverses : peinture, travail du cuir, fabrication de bijoux, jardinage… S’agissant de la psychiatrie au Maroc, le Pr Moussaoui n’a pas manqué de relever la situation alarmante. «L’enquête nationale sur la prévalence des troubles mentaux avait indiqué que le Maroc compte 5,6% de psychotiques (schizophrénie, trouble délirant…). C’est un chiffre énorme sachant que l’on ne dispose que de 2.100 lits psychiatriques pour une population de 31 millions d’habitants. La ville de Casablanca qui compte 100.000 malades ne dispose que de 224 lits dans le public. La pression est énorme tant sur le plan quantitatif que qualitatif», a souligné Pr Moussaou. Et de conclure : «il n’ y a pas de famille sans malade mental. La grande souffrance psychotique peut survenir dans chaque famille. C’est pourquoi il est du devoir de toute la société de faire en sorte que cette souffrance soit moins grave».

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