Quand dormir devient un calvaire

Quand dormir devient un calvaire

Si certaines personnes parviennent à trouver le sommeil avec beaucoup de facilité, pour d’autres, c’est l’enfer. L’insomnie est le trouble du sommeil le plus fréquent. Chacun peut être, un jour ou un autre, sujet à ce trouble, mais le véritable problème surgit quand elle devient chronique. Pour les personnes qui en souffrent régulièrement, ce trouble du sommeil est un cercle vicieux interminable où se côtoient l’obsession de ne pas dormir et l’épuisement. Au Maroc, la seule enquête réalisée sur la prévalence de l’insomnie est une étude universitaire qui avait été réalisée par le Professeur Omar Battas, Dr Safia Daïf et Fatima Moutawakkil du Centre psychiatrique universitaire de Casablanca. L’étude avait porté sur 448 patients à Essaouira et sur 631 patients à Casablanca. Pour Essaouira, la prévalence de l’insomnie a été estimée à 17,41% ( 18, 3% chez les femmes et 15, 3% chez les hommes). La situation est davantage alarmante à Casablanca où 38,7 % des patients se plaignent d’insomnie. 18,7% d’entre eux rapportent une insomnie transitoire et 20 % rapportent une insomnie chronique. Selon Dr Bouchaïb Karoumy, psychiatre-psychothérapeute, l’insomnie est un problème qui est méconnu dans notre pays et qui doit être pris au sérieux en raison des conséquences qui peuvent surgir. «L’insomnie anéantit la personne : fatigue, somnolence,migraines, troubles de l’humeur, et autres. Cela se répercute inévitablement sur le quotidien», déclare Dr Karoumy. Au-delà de la sensation de fatigue, l’insomnie a donc des conséquences sur les performances le jour suivant, que ce soit les performances psychomotrices (comme la vitesse de réaction) ou psychologiques: anxiété, irritabilité, difficultés de concentration. L’une des conséquences habituelles de l’insomnie est la somnolence. Elle peut être responsable d’accidents soit au volant ou dans le cadre du travail. D’où l’importance du sommeil. «La durée idéale du sommeil est extrêmement variable d’une personne à l’autre. Il y a les grands dormeurs qui ont des besoins de sommeil de dix heures ou plus et les petits dormeurs ayant besoin de 4 à 5 heures de sommeil. La durée moyenne de sommeil pour un adulte est de huit heures», explique Dr Karoumy avant d’ajouter : «Avec le vieillissement, le sommeil se modifie. Plus on avance dans l’âge, plus la durée de sommeil diminue». De nombreux facteurs contribuent à la perturbation du sommeil. «Les facteurs sont multiples. Il y a l’environnement : le bruit, la pollution (…) Les personnes qui vivent en ville sont les plus touchées par les troubles du sommeil. Il faut aussi relever l’environnement familial, le cadre professionnel, l’environnement psychologique, le stress» relève le psychiatre. Autre trouble fréquent: les apnées du sommeil. Cette maladie se traduit par des pauses respiratoires répétées au cours du sommeil (plus de 10 par heure et durant plus de 10 secondes). Ce trouble du sommeil a pour principale conséquence perturber le sommeil et de causer une fatigue diurne, d’irritabilité et à long terme de problèmes cardio-vasculaires. Selon le Dr Karoumy, les apnées du sommeil sont fréquentes chez les personnes obèses. Il existe une relation très étroite entre ce trouble et l’obésité. On estime que 20 à 30 % des personnes obèses font des apnées du sommeil. Ce phénomène s’explique en partie par le dépôt de graisse au niveau du système respiratoire qui provoquerait une diminution ou un arrêt du flux respiratoire. Par ailleurs, des études ont montré que les personnes qui souffrent d’apnée du sommeil ont un sommeil anormal susceptible d’exacerber les perturbations métaboliques associées à la privation de sommeil, comme entre autres l’augmentation de la faim. L’apnée du sommeil causée par l’obésité peut à son tour influencer l’appétit et la dépense énergétique et promouvoir l’obésité. Cela dit, de plus amples recherches s’imposent pour bien comprendre ces relations.

Les différents troubles du sommeil
• Les insomnies
L’insomnie peut se manifester par une difficulté à trouver le sommeil, par des périodes de veille plus ou moins longues et répétées durant la nuit, ou par un réveil prématuré. Elle peut être due à des facteurs externes (bruit, alimentation, médicaments), ou dans plus de la moitié des cas, à des facteurs psychologiques, comme l’anxiété, le stress et la dépression.
• L’apnée du sommeil
L’apnée du sommeil (ou syndrome d’apnée obstructive du sommeil, SAOS) est un trouble lié à la respiration. Il se caractérise par des interruptions de la respiration (allant de 10 à 30 secondes) durant le sommeil. Dans ses formes sévères, l’apnée augmente les risques cardio-vasculaires.
• Les perturbations de l’horloge biologique
Ces troubles, appelés « troubles du rythme circadien du sommeil», se caractérisent par une difficulté à harmoniser son rythme propre avec les contraintes extérieures (travail, vie de famille…). Ils peuvent entraîner des insomnies.
• Les mouvements en relation avec le sommeil
– Le syndrome des jambes sans repos se manifeste par des picotements dans les jambes et parfois dans les bras. Les personnes qui en souffrent ont constamment envie de remuer ces parties du corps, et font parfois des mouvements involontaires pendant la nuit. Ce syndrome, aussi appelé «impatiences nocturnes» engendre des insomnies.
– Le bruxisme du sommeil (grincement des dents) peut être causé par le stress, par certains antidépresseurs et certaines drogues. Il peut provoquer des problèmes articulaires au niveau de la mâchoire, entraîner une usure excessive des dents ou des blocages de la bouche.
• Les parasomnies
Il s’agit de phénomènes comme les cauchemars, les terreurs nocturnes (réveil soudain accompagné d’un cri ou de pleurs), le somnambulisme ou la somniloquie (le fait de parler dans son sommeil).

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