Quand la primature oublie les siens

Quand la primature oublie les siens

Feu Lahcen Benhsain est décédé, il y a un peu plus de quarante jours suite à une maladie. Il était chargé de mission auprès du Premier ministre depuis plus de trente ans et jouissait d’une excellente réputation auprès de ses collègues. L’homme, qui avait occupé des postes sensibles dans ce département, a traversé toute l’histoire contemporaine du Maroc.
Feu Benhsain avait servi en effet plusieurs Premiers ministres depuis Karim Lamrani, en passant par Ahmed Osmane, Maati Bouabid, Abderrahmane Youssoufi pour mourir dans les bras de Driss Jettou.
Sauf que ce dernier, et avec lui tous les responsables de ce département, voire l’Etat ont très mal accompagné le défunt dans sa maladie qui l’a mené là où nous irons tous un jour : la mort. Ce fidèle serviteur de l’Etat connu par ses compétences, sa modestie, son honnêteté et sa discrétion a quitté ce monde de l’ingratitude avec l’amertume d’un homme délaissé.
Car à part ses fidèles collègues et amis qui l’ont conforté dans les moments difficiles, en se rappelant ses qualités et ses vertus, l’Etat n’a pas récompensé l’homme qui l’a servi avec dévouement pendant plus de trente ans. C’est à croire que dans ce pays l’on n’aime pas les hauts fonctionnaires qui travaillent dans l’ombre avec sérieux et abnégation. C’est vrai que l’on ne reconnaît que ceux qui s’affichent sans vergogne, alors qu’ils ne font rien, voire ceux qui portent tort à l’Etat et au peuple. C’est dire que feu Benhsain dont tout le monde reconnaissait les compétences, sa longue expérience et sa serviabilité mérite plus de ses pairs à la primature. Il est vraiment aberrant que les services sociaux de l’Etat n’aient rien fait pour que le défunt aille se soigner à l’étranger.
On a proposé à sa famille une prise en charge atteignant à peine le quart du montant du devis établi par une clinique en France. Car au-delà de la rigidité du plafond de l’assurance, la primature aurait pu consentir plus d’effort en puisant dans les caisses noires pour venir en aide à un collaborateur en détresse. L’histoire ancienne et récente nous a démontré que l’argent des contribuables prend plus les chemins de la malversation que celui de l’humanisme et de la bonne gestion. Les dossiers qui se tassent dans la cour spéciale de justice en sont la preuve irréfutable.
Quant à feu Benhsain, celui qui a travaillé avec la majorité des Premiers ministres marocains, sa famille n’a eu droit qu’à la somme de … 5000 dirhams comme indemnités décès. C’est plus qu’ingrat, c’est terrible. Heureusement que Dieu est toujours là pour protéger les trois enfants du défunt. Leur mère est, grâce à Dieu, une femme qui a de la foi et du courage pour se consacrer à ses enfants. Elle n’est pas seule puisqu’elle a trouvé chez toute la famille et surtout chez le frère de son défunt mari, en l’occurrence Moha Benhsain, un autre frère qui veille au grain.

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