Quand l’amour pousse au crime

Quand l’amour pousse au crime

Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Un jeune lycéen, Saïd, se tenait devant les magistrats. Ses parents et sa sœur se fondaient en larmes. Ils n’ont jamais pensé le voir dans un pareil état, dans le banc des accusés à côté des délinquants et des criminel. Ils rêvaient le voir banquier, haut fonctionnaire d’Etat ou médecin. Malheureusement, leur rêve s’est évaporé à cause d’un conflit au sujet d’une jeune fille.
«Tu es accusé de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner, qu’en dis-tu?», l’interroge le président de la Cour. Saïd, dix-sept ans, a expliqué à la Cour qu’il n’avait pas l’intention de le tuer. «Je voulais uniquement lui faire peur et le maltraiter», répond-il. Apparemment, le président de la Cour n’a pas été convaincu par ses propos surtout qu’il était armé d’un couteau.  Saïd baissa sa tête sans dire un mot. C’est au lycée qu’il a fait la connaissance de Malika. Ils poursuivaient leurs études à la même classe. Quelques semaines après le début des études, une histoire d’amour est née entre eux. Au fil des mois, Saïd s’attachait de plus en plus à elle.
Elle est devenue la femme de sa vie avec laquelle il prévoyait fonder un foyer et une famille heureuse. Leur relation amoureuse n’était pas un secret de polichinelle. Leurs parents et leurs camarades étaient au courant de leur liaison. Chaque matin, avant de prendre le chemin du lycée, il l’attendait devant sa maison pour faire la route ensemble. Ils discutaient de tout et de rien, fredonnaient en chœur leur chanson préférée.
En fin de journée, il l’accompagne chez elle puis prend le chemin de sa maison. Bref, ils formaient un beau couple. Dans la même classe, Abdelali poursuivait ses études. Renfermé sur lui-même, ce dernier n’entretenait aucune relation avec ses camarades de classe. Il était toujours seul, sans compagnie. L’air triste, il se réfugiait dans un coin du lycée et ne participait à aucune discussion en classe. Quand il croise Malika, il rougissait, tremblait et perdait complètement le contrôle de ses comportements. Tous ses camarades de classe l’ont remarqué. Apparemment, il aimait Malika et détestait Saïd, qui ne lui prêtait aucune intention. Il l’évitait quand il le croisait sur son chemin. Il savait que Abdelali éprouvait des sentiments rancuniers et violents envers lui.
Mais Abdelali a poussé le bouchon trop loin. Ce dernier crachait par terre à chaque fois que Saïd passait devant lui. Ne supportant pas ce comportement, il lui demanda un jour des explications. Sur un ton dur, Abdelali lui a rétorqué qu’il faut qu’ils se rencontrent en dehors du lycée pour en discuter. Saïd a accepté sa proposition. «Cette rencontre pourrait mettre fin amicalement à une haine sans raison», a pensé Saïd.
Le jour J est arrivé. Saïd demanda des explications à Abdelali. Après une respiration profonde, ce dernier lui a avoué son amour pour Malika. «J’aime Malika», a répondu Abdelali. Ne croyant pas ses oreilles, Saïd n’a pas réagi. Il est resté immobile à sa place sans prononcer un mot. «J’aime Malika» lui a-t-il répété. Et Saïd a perdu le contrôle de ses nerfs. Il a brandi un couteau puis lui a assené deux coups mortels. Son avocat a expliqué à la Cour que son client n’avait pas l’intention de tuer son camarade de classe. Il tentait seulement de le balafrer. Malheureusement, a expliqué l’avocat, le coup était mortel. L’avocat a précisé que Saïd jouissait d’une bonne réputation. Ses camarades de classe l’apprécient beaucoup.
Ils ont tous témoigné qu’il était très sympathique. Le représentant du ministère public qui a requis l’application de la loi n’a pas ajouté d’autres mots pour laisser la place aux délibérations. Après quoi, la Cour l’a condamné à 10 ans de réclusion criminelle.

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