Quand le cartable devient un fardeau

Quand le cartable devient un fardeau

La liste des fournitures scolaires présentée aux parents s’apparente de plus en plus à une ordonnance médicale hors de prix. Dans notre système actuel, aucune garantie de «guérison». Des livres chers, des fournitures de plus en plus coûteuses et des portefeuilles de plus en plus anémiés. Pour les familles marocaines, c’est un vrai traitement de cheval. Combien pèse réellement le cartable d’un écolier ?
Commençons d’abord par un élève de CE1. Le prix de l’ensemble des manuels scolaires s’élève à 60 dirhams. Jusque-là ça va, si on fait exception des autres fournitures tels que les cahiers ou les stylos. En termes de poids réel, le cartable peut peser entre 4 kg et 5 kg. Pour sa première année en école, l’élève commence déjà à faire de la musculation, contre son plein gré.
Pour un élève en CE2, les prix connaissent une légère augmentation. Il n’est plus question de soixante dirhams mais de quatre-vingts dirhams.  À présent, les manuels prennent davantage de poids.
En CE3, la langue française fait son entrée au programme. À ce stade, les parents doivent dépenser 140 dirhams pour offrir à leurs chers enfants «les précieux» outils d’apprentissage.
Au fil des classes et des années, le poids du cartable devient de plus en plus lourd. Un fardeau que les parents, ainsi que le dos de l’élève, s’efforcent de supporter.
En CE6, c’est le jackpot. Durant la dernière année de l’enseignement fondamental, le poids du cartable bat un record et atteint 14 kilogrammes. Qui dit mieux ?…Plusieurs instituteurs exigent que les élèves trimbalent tout le programme sur le dos. Chaque jour, ils doivent ainsi apporter avec eux l’ensemble des livres et cahiers. L. Khadija, une institutrice dont l’expérience ne fait guère défaut, nous explique pourquoi. Les amateurs d’humour noir trouveront son explication loufoque. Pour ses élèves, la situation est loin d’être drôle.
«Même si les matières sont dispatchées sur les jours de la semaine, je demande toujours à mes élèves d’apporter avec eux tous les manuels ainsi que les cahiers. Il m’arrive parfois de vouloir revenir sur un détail que j’avais oublié lors de la séance précédente. Parfois, il nous reste un quart d’heure, alors je leur demande d’ouvrir tel ou tel livre question d’avancer un peu dans les cours». No comment !
C’est au lycée que les élèves vont enfin pouvoir se débarrasser du poids excessif du fameux cartable ; chaque jour a ses matières. Un soulagement au détriment du portefeuille de Papa et Maman. C’est à ce moment là que les choses commencent à vraiment se gâter. La facture scolaire s’élève approximativement à 600 dirhams «toutes taxes comprises».
Pour la classe moyenne, les prix peuvent paraître raisonnables. Mais pour une famille nombreuse, qui a déjà d’énormes difficultés à joindre les deux bouts, ces prix sont exorbitants. Il suffit de faire un simple calcul pour s’en rendre compte. Pour un ménage qui compte 5 enfants -tous dans le primaire-, la facture s’élèverait à 900 dirhams et rien que pour les manuels. Ajoutons à cela le prix des cahiers et du reste des fournitures, la facture avoisinera les 1.500 dirhams.   La facture scolaire se révèle ainsi une véritable douloureuse. Les parents, ainsi que leurs enfants, auront du mal à s’en remettre. Une chose est pourtant sûre, notre système éducatif est malade. Après tout ce diagnostic, il apparaît qu’il souffre d’un excès de poids. En attendant la prochaine réforme, un régime serait fortement recommandé.

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