Quand les élèves cherchent la perfection

Quand les élèves cherchent la perfection

Etre brillant, réussir ses examens et avoir de bonnes notes. Ces préoccupations ne sont pas l’apanage des élèves uniquement, mais aussi des parents. C’est pourquoi, le recours aux cours supplémentaires ou de soutien est devenu indispensable. Mais que cherche-t-on dans ces cours ? Hamza, un élève dans un lycée public, n’a pas hésité à nous parler de son expérience : «c’est parce que je n’arrive pas à bien suivre les cours scientifiques en classe que j’ai exigé à mes parents de m’inscrire à des cours de soutien dans une école privée». Cette mauvaise assimilation des cours est principalement due au surpeuplement des classes. Or, «dans le soutien scolaire, l’élève a le privilège d’être dans un groupe d’élèves restreint et homogène où il est écouté et pourquoi pas valorisé. Et je pense que le soutien scolaire permet à l’élève faible de réintégrer le groupe des meilleurs», révèle Sanae Chraïbi, professeur de français au lycée Princesse Nouzha à Rabat. De surcroît, «les élèves n’avancent pas d’un pas égal dans les différentes matières, il convient donc d’adapter l’enseignement à l’état réel de ses connaissances dans chaque discipline», ajoute Mme Chraïbi. Et c’est lors des cours de soutien que cette adaptation devient facilement réalisable.De leur côté, les parents ne cessent de communiquer leurs angoisses à leurs enfants et les obligent à faire des cours de soutien dans plusieurs matières. «Je veux que mon fils soit toujours le premier de sa classe, c’est pour cela que je lui ai imposé de faire des cours de soutien même s’il est brillant. Je l’ai même inscrit à des cours d’anglais comme ça dès qu’il aura son Bac en poche, il pourra facilement intégrer les grandes écoles qui exigent, outre les bonnes moyennes, un très bon niveau en langues», déclare Rachid, père d’un élève. Cependant, l’élève serait-il capable d’assimiler d’autres cours après une journée surchargée à l’école ? «Quand l’élève réclame lui-même ces cours, je pense qu’il n’y a pas lieu à la saturation. Cela dépend aussi de l’enseignant qui doit avoir beaucoup de patience, de tact et de savoir-faire», estime Mme Chraïbi. En effet, les cours de soutien sont fort attendus par l’élève qui cherche, et quel que soit son état de fatigue, à combler ses lacunes dans une matière déterminée. Quant à l’enseignant, il ne doit ménager aucun effort pour que cet élève puisse bien assimiler son cours. Mais à quel prix ? Les tarifs diffèrent selon la nature de la matière et des exigences de l’élève ou de sa famille. Ainsi, si les cours de soutien sont donnés à domicile ou dans une école privée, les prix peuvent atteindre 1500 DH par mois. Par contre, si un enseignant dans une école publique propose ou exige des cours de soutien à ses élèves, les tarifs peuvent aller de 100 à 300 DH selon la matière. Or, une circulaire du ministère de l’Education nationale qui date des années 80 interdit aux enseignants d’obliger leurs élèves à faire des cours de soutien (cf. entretien à droite pour plus de détails). Pour anéantir cette relation commerciale entre enseignants et élèves, certains établissements ont proposé aux enseignants d’appuyer les élèves ayant besoin de cours de soutien. Dans ce sens, le collège Ibn Battouta à Témara a mené, depuis l’année scolaire 2007-2008, une expérience pilote. Cette initiative intervient suite à la note du ministère qui recommande aux enseignants ayant moins de 21 heures de cours par semaine de donner des cours de soutien aux élèves qui souffrent de difficultés dans une matière déterminée. Mohamed Sadi, responsable de l’association des parents d’élèves du collège Ibn Battouta, nous a bien détaillé cette expérience qu’il a qualifiée de réussite. Celle-ci consiste d’abord, selon M. Sadi, à constituer des groupes de moins de vingt élèves en fonction des difficultés qu’ils ont et une «pédagogie différenciée». Ensuite, l’enseignant, qui se porte volontaire, adapte ses cours de soutien aux besoins de chaque groupe. C’est, donc, «un soutien ciblé», comme l’a qualifié M. Sadi. A l’issue de ces cours, «on procède à une évaluation post-soutien et on préfère que l’élève fasse lui-même une auto-évaluation», enchaîne M. Sadi. Par contre, «un élève brillant n’a pas besoin de cours de soutien, c’est une perte de temps, une fatigue morale et physique pour lui. C’est aussi des dépenses et charges supplémentaires», estime ce responsable. S’il en est ainsi, les cours de soutien donnés à l’instar de l’expérience du collège Ibn Battouta contribueront, certes, à renforcer les acquis des élèves. C’est pourquoi une telle initiative a tout le mérite d’être généralisée pour venir en aide aux élèves ayant des difficultés. A cet égard, Mme Chraïbi a formulé quelques suggestions. «Il faut privilégier et donner lieu à des séances de concertation entre enseignants et élèves, créer des groupes restreints et homogènes, renforcer le soutien scolaire dans le secteur public et créer des groupes restreints en fonction des besoins et difficultés des élèves», a-t-elle conclu.

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