Quand l’Otan parle de paix

Du 16 au 19 octobre, seront amarrées au port de Casablanca, quatre unités de la Flotte de la Force Navale de l’Otan dans la Méditérranée (STANAVFORMED). Le commandant de cette force est l’Amiral de la marine allemande, Hans-Jochen Witthauer et il dirige la frégate allemande FGS Schleswig-Holstein, la frégate turque TCG Gaziantep, la frégate italienne ITS Zeffiro et la frégate espagnole SPS Asturias. Par ailleurs, le ministre allemand de la Défense, Peter Struck, se rendra le 27 octobre prochain au Maroc, pour participer au « Dialogue méditerranéen » de l’Otan. Les entretiens de M. Struck avec les responsables marocains porteront sur le « Dialogue méditerranéen » et la coopération bilatérale en matière de politique de sécurité, a précisé le ministère dans un communiqué. Durant la guerre froide, l’Otan symbolisait la prédominance militaire et politique américaine sur le Vieux Continent, au grand regret de la France qui quitta cette organisation en 1966. Avec l’effondrement du Mur de Berlin, une profonde mutation idéologique s’est opérée au sein de l’Otan. C’est ainsi que fut adopté un nouveau concept stratégique, en 1991, basé essentiellement sur le maintien de la paix. Le résultat étant le même: les Etats-Unis restent présents militairement en Europe. En janvier 1994, l’Otan lance l’initiative du «Dialogue méditerranéen». Il comprend un dialogue politique et une participation à des activités scientifiques, civiles et, depuis 1997, militaires. Sept pays ont rejoint le Dialogue méditerranéen. Il s’agit de l’Egypte, Israël, la Jordanie, la Mauritanie, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie. Parmi ces pays, le Maroc paraît aux yeux des stratèges de l’Otan bien placé: une armée stratégiquement à niveau et qui n’interfère pas dans la vie politique, un processus de démocratisation réussi et non violent et surtout la participation effective à des opérations humanitaires et de maintien de la paix, l’une des missions principales des forces de l’Alliance. Par ailleurs, en 1997, l’Otan a créé le Groupe de Coopération Méditerranéenne. Il s’agit d’une instance qui permet un échange de vues sur une série de questions ayant trait à la sécurité en Méditerranée ainsi que sur le développement futur du «Dialogue méditerranéen». La flotte de l’Otan a programmé des escales dans tous les pays du dialogue, y compris en Algérie qui a rallié l’initiative depuis février 2000. Il ne faut pas confondre les programmes de «Partenariat pour la paix» qui vise essentiellement l’adhésion à l’Otan (26 Etats l’ont rejoint et aucun pays arabe n’en fait partie) et le «Dialogue méditerranéen» qui a surtout pour but de parvenir à une meilleure compréhension de l’Otan et à dissiper les «malentendus» à son sujet.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *