Quel chemin après le BAC ?

Quel chemin après le BAC ?

Ce sont 78 277 candidats qui ont été admis à la session normale des examens du baccalauréat pour l’année 2006. Pour le reste, 87 743 élèves espèrent réussir à l’occasion des sessions de rattrapage prévues les 6, 7 et 8 juillet 2006. Après l’obstacle du  Bac, ces futurs  étudiants doivent maintenant faire face à une autre épreuve : celle de l’orientation. Quelle école, quelle université, quelle filière ? Aussi bien pour la Primature que pour le  ministère de l’Education nationale, la priorité est à la formation des ingénieurs. Le Maroc veut passer de 4000 ingénieurs ou équivalents  à 10 000 ingénieurs formés annuellement.  Le Royaume compte en effet 8,4 ingénieur par tête d’habitant. Dans la même proportion, la Jordanie en compte 40, la France 60 et le Japon 540.
Ce programme de formation des ingénieurs répond à la forte demande dans le domaine des technologies de l’information. Le Maroc est engagé dans un ensemble de chantiers (Tanger-Med, infrastructures ferroviaires, plan Azur, Plan Offshore, lutte contre l’habitat insalubre, plan Emergence.
D’où un besoin de cadres de hauts niveaux. «Quand les investisseurs viennent, ils demandent souvent s’il y a des ingénieurs disponibles», explique Abdelhafid Debbar, directeur de la Formation des Cadres au ministère de l’Education nationale. C’est pourquoi le secteur de l’enseignement a présenté, la semaine dernière,  un schéma directeur au Premier ministre. Il s’agit d’arriver à 10 000 ingénieurs formés par an avec la contribution des Ecoles d’ingénieurs, des Facultés de sciences et techniques et des Ecoles supérieures privées avec une passerelle d’une année pour la qualification de certains diplômes. Reste à le concilier avec le choix des étudiants, lequel varie de région en région.
Ainsi, selon les chiffres publiés sur la base des sondages lors des Forums régionaux de l’Etudiant marocain, environ 21% des  jeunes de Marrakech optent d’abord pour les écoles supérieures publiques contre 17% pour les écoles professionnelles privées et  autant pour les classes préparatoires. Les établissements supérieurs privés et les universités publiques ferment la marche avec 14% dans les choix des lauréats.
Autre région, autre configuration, Al Jadida. Dans la Chaouia, les établissements supérieurs publics attirent 31% des étudiants contre 20,8% pour les établissements techniques,  17,67% pour les Ecoles d’ingénieurs et 16% pour les écoles supérieures privées. A Rabat, ce sont les écoles supérieures (27%) qui tiennent la vedette, loin devant les Ecoles d’ingénieurs  (17%), les écoles supérieures privées (14%), les universités (12,2%). Dans la plupart des cas, l’accès à une Ecole d’ingénieurs se fait par voie de concours et après les classes préparatoires. Environ 1000 à 1100 élèves intègrent chaque années ces hautes institutions que sont l’EMI, L’ETHTP, l’Ecole des mines. Sur le marché du travail, la demande des ingénieurs varie selon les formations.
Le bâtiment et ponts et chaussées étaient traditionnellement très demandés. Mais la tendance penche de plus en plus vers les télécommunications, l’informatique, le génie industriel, le génie des procédés. A titre d’exemple, le marché a besoin de 4 300 cadres des NITC d’ici 2010. Les filières pointues, comme l’aéronautique, bénéficient aussi d’un programme développé à l’EMI de Mohammédia, à l’Ecole Hassaniya des Travaux publics et à l’Académie Mohammed VI pour l’aviation. Ici, les besoins portent sur 300 à 400 ingénieurs par an.  Cette mobilisation pour la formation des ingénieurs ne doit pas faire oublier les filières traditionnelles comme les sciences humaines. «Il y a nécessité de bien informer les jeunes», exhorte M. Debbar. «Nous aurons besoin des dizaines de milliers de cadres moyens dans le droit, la gestion, les langues, et, entre autres, les relations clientèles (Call Centers), à l’origine de la création de 13 000 emplois.
D’ailleurs, la réforme actuelle qui verra le premier contingent de lauréats sortir à partir du 15 juillet prochain renforce les modules transversaux comme les NTIC, la maîtrise des langues, la gestion, etc. Idem pour la santé où un plan réalisé en partenariat entre le ministère de la tutelle et l’Education nationale s’attellera à la réforme de la formation médicale». Le marché est de plus en plus demandeur de profils versés dans la medecine sociale. Naturellement, le tourisme, demandeur de 72 000 cadres d’ici 2010, est au centre de cette stratégie avec des partenariats entre le ministère de l’Education et les universités.

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