Rabat-Madrid-Paris-Alger : Pour un « Carré de la sécurité »

La visite effectuée par le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, au Maroc augure d’un imminent rapprochement entre les deux pays. Les deux voisins maghrébins seraient condamnés à s’entendre et devraient à cet effet oeuvrer ensemble à ce que leurs relations politiques prennent une nouvelle dimension, afin de permettre une meilleure coopération économique, affirment les observateurs.
Mais, un rapprochement entre Rabat et Alger n’est pas uniquement dicté par une fatalité économique. Les deux pays sont géographiquement situés dans une position des plus stratégiques, et constituent avec la France et l’Espagne l’entrée de la Méditerranée.
Les quatre Etats sont les plus importants et les plus influents de la partie occidentale du bassin méditerranéen. Et dans la nouvelle conjoncture internationale, marquée par la lutte contre le terrorisme, cette région est d’une importance capitale sur le plan de la sécurité internationale. Il est à noter que les différentes enquêtes menées à l’échelle internationale montrent que cette zone est très convoitée par les réseaux terroristes d’Al Qaïda qui tentent d’en faire une nouvelle arrière-base de ses actions terroristes dans les deux rives.
Le démantèlement de la cellule dormante d’Al Qaïda au Maroc et l’arrestation de dix-neuf membres de cette même organisation terroriste en Espagne sont des exemples très significatifs à ce niveau. Ayant donné la preuve qu’il était incapable de combattre ce fléau en faisant cavalier seul, ce pays a besoin d’adhérer à la lutte contre le terrorisme dans une dynamique régionale qui doit s’intégrer à son tour dans une action internationale.
Le rapprochement entre Rabat et Alger devrait donc aller dans le sens de la création d’un « carré de la sécurité » à l’entrée de la Méditerranée. Une option géostratégique inéluctable si les quatre pays veulent faire face aux nouvelles menaces d’insécurité.
Pour construire ce « carré », formé par Rabat, Madrid, Paris et Alger, seul un axe fait encore défaut : Rabat-Alger. Car, entre la France et l’Espagne, la coopération en matière de lutte anti-terroriste est exemplaire. Elle l’est aussi entre le Maroc et ces deux pays. Seule l’Algérie demeure en dehors de cette équation. D’où la volonté française de voir Alger se rapprocher de Rabat. Ce qui ne peut avoir lieu sans une nouvelle approche algérienne sur le dossier du Sahara.

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