Rabbins-Imams : le congrès du dialogue

Rabbins-Imams : le congrès du dialogue

C’est à Séville, capitale de l’Andalousie, une ville partagée entre les trois religions monothéistes, qu’avaient débuté, dimanche soir, les travaux du deuxième Congrès mondial des «Imams et Rabbins pour la Paix», sous la présidence d’honneur de SM le Roi Mohammed VI et de SM le Roi Juan Carlos 1er d’Espagne. 
Plus de 150 personnalités, parmi les dirigeants juifs et musulmans les plus influents de la planète, ont pris part à ce Forum de dialogue dont les travaux se poursuivront jusqu’au mercredi 22 mars.
Organisé par la fondation Hommes de parole, basée à Paris, dont l’objectif est «d’agir sur les causes des conflits», ce congrès réunit pendant quatre jours des dignitaires et experts venus du Proche-Orient, mais aussi d’Europe, d’Asie et des Etats-Unis,dans un moment où l’affaire des caricatures blasphématoires de Sidna Mahommed, l’arrivée au pouvoir du Hamas dans les territoires palestiniens et l’isolement croissant de l’Iran agitent le monde.
Parmi les participants à ce congrès figurent André Azoulay, conseiller du Roi du Maroc Mohammed VI, le directeur des Affaires islamiques au ministère des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Abbadi, et Miguel Angel Moratinos, chef de la diplomatie espagnole. Notamment présents à ce Forum, le grand rabbin d’Israël Yona Metzger et Imad al-Falouji, imam de Gaza.
La séance inaugurale a été marquée par l’intervention de deux personnalités marocaines, en l’occurrence Messieurs André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et Ahmed Abbadi. MM. Azoulay et Abbadi ont souligné l’importance du dialogue  interconfessionnel pour lutter contre la culture de la haine, de la violence et  de l’exclusion, insistant sur l’extrême importance du rôle que peuvent jouer les leaders religieux de toutes les confessions pour le rapprochement entre les  peuples.
«La parole des croyants a été prise en otage pour être instrumentalisée politiquement par ceux qui prêchent la confrontation», a regretté le conseiller du Souverain. Il a, entre outre, souligné que même si la majorité des Imams et des Rabbins refusent d’adhérer à la culture de la haine «leur voix reste inaudible» face à celle des radicaux.
Pour sa part, Ahmed Abbadi, a estimé nécessaire de prendre des mesures concrètes pour éduquer les générations montantes à la culture du dialogue et du respect, relevant qu’aucune religion du Livre n’appelle à la haine, à l’extermination des peuples et à la destruction de la terre et des hommes.
Plusieurs autres intervenants ont aussi mis l’accent sur l’importance de cette rencontre comme premier pas pour institutionnaliser le dialogue judéo-musulman dans un monde marqué par la confrontation et la culture du rejet de l’Autre.
Pour les organisateurs, cette rencontre vise à permettre aux «religieux, forts de leur influence, de contribuer à la résolution des conflits dans de nombreuses régions du monde» et à «redonner à ces religieux porteurs de paix la parole prise en otage par les  extrémistes de tous bords qui encouragent la haine et la violence». Le congrès permettra aussi d’élargir le réseau de religieux engagés dans ce processus tout particulièrement le grand nombre d’Imams venus des pays arabes. Il permettra aussi de favoriser la mise en place d’actions de terrain portées par les participants, dans le domaine de l’éducation et plus précisément de l’éducation à la paix, du dialogue et de la rencontre de l’Autre.

 L’histoire d’un congrès


Le premier congrès mondial des Imams et des Rabbins devait avoir lieu le 31 mai 2004 au Maroc et plus précisément à Ifrane. Mais il a été annulé officiellement en raison à l’époque de la situation dans les territoires palestiniens, à Gaza et Rafah mais également en Irak. «L’intensité des drames qui ont eu lieu ne permettait plus la sérénité indispensable à la tenue d’un tel Congrès, puisque à cette manifestation auraient été présents 50 Imams et 50 Rabbins dont un certain nombre de Rabbins israéliens», avait expliqué à ALM, Alain Michel, le président de la Fondation «Hommes de Parole».Le choix initial du Maroc pour organiser la première édition de ce congrès a été motivé par toutes les raisons historiques, culturelles, traditionnelles et même constitutionnelles qui font que le Maroc est le symbole même de la terre d’accueil, de dialogue, d’ouverture, de tolérance que tous aiment et respectent, avait expliqué Alain Michel.
Mais cette première édition du congrès mondial des Imams et des Rabbins sera finalement organisée le 3 janvier 2005 à Bruxelles, en Belgique.

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