Ramadan, une dynamique commerciale qui rythme l’année

Un pic de consommation est observé en cette période

L’ambiance est festive dans les rues du Royaume. Les Marocains célèbrent depuis mardi le mois de Ramadan. Un mois de jeûne, de solidarité et de piété qui s’annonce dans la joie et surtout dans la fraîcheur du printemps. Au Maroc, et à l’instar des autres pays musulmans, ce mois revêt une importance particulière aussi bien sur le plan spirituel qu’économique. En effet, Ramadan est une période de l’année qui enregistre un pic de consommation et ce sur tous les plans.

La course au ravitaillement démarre dès que les lueurs de Ramadan s’annoncent. Pas de sprint final. Au contraire, le rythme s’accélère de jour en jour, et ce malgré les messages rassurants du gouvernement quant au bon approvisionnement du marché local. En effet, tous les produits alimentaires sont disponibles en quantités suffisantes et pourtant les Marocains ne peuvent s’empêcher de se ruer sur les étalages des commerces pour s’approvisionner en grande quantité. «Nous sommes conscients de la disponibilité des denrées mais nous avons hérité ces habitudes de nos aïeux. Je ne peux me passer des préparatifs du mois sacré et encore moins des achats quotidiens qui me permettent de rompre la monotonie des longues journées de ce mois», nous déclare une ménagère que nous avons croisée dans un marché casablancais.

Les Marocains consacrent tout un rituel de consommation à ce mois béni. Les préparatifs démarrent par l’achat d’ingrédients des deux mets phares de la table ramadanesque, à savoir «Sfouf» et «Chebbakia» et finissent par les ustensiles de cuisine traditionnelle dont la fameuse «moughrfa» en bois. «La moughrfa est indispensable pour les familles marocaines. Certaines ménagères l’achètent juste pour «barouk», sorte de porte bonheur quoi!», nous confie un commerçant de Ben Jdia, un quartier casablancais très animé. En effet, Benjdia n’est qu’un microcosme de l’espace commercial «populaire» du Maroc où toutes les souches de la société se rencontrent. Pour ces premiers jours de Ramadan, l’ambiance est zen mais surtout pas de flambée de prix à signaler.

La jauge des denrées de base, en l’occurrence légumineuse, fruits et légumes, viandes rouges et blanches et poissons est toujours dans le vert. De quoi répondre aux besoins de toutes les bourses. Espérons que cette tendance sera maintenue jusqu’à fin Ramadan et qu’aucune manipulation de prix ou spéculation n’aura lieu. D’ailleurs, le gouvernement met en garde contre toute pratique frauduleuse.

Des mesures anticipatives ont été prises pour assurer la normalité du marché. Parallèlement à la disponibilité des denrées, les commerçants se sont lancés dans une perspective d’aide à la ménagère, notamment les jeunes mariées et celles qui travaillent. Ils ont mis à leur disposition tout ce dont elles auront besoin pour préparer des ftours appétissants au moindre coût et effort : De croustillantes Chebbakia disponibles à partir de 30 DH le kilo, Sfouf à 120 dirhams, feuille de pastilla à 20 dirhams, des fonds de quiches et de pizza à 10 dirhams ou encore des sacs de légumes épluchés et des soupes prêtes à cuisiner à 15 dirhams. Et loin des marchés ouverts, les grandes surfaces connaissent, quant à elles, le même engouement.

Dans un élan de solidarité, certaines enseignes ont commencé à commercialiser des paniers ramadanesques d’une valeur de 200 dirhams qui peuvent être offerts aux familles nécessiteuses ou bien consommés par les petits ménages. Ils comprennent 5 kilos de farine, 5 litres d’huile de table, un paquet de café, un paquet de thé, un pot de miel, du sucre et légumineuses… Une initiative louable qui connaît un franc succès cette année de la part de la clientèle de ces marques.

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