Rangs d’honneur : l’utile et l’agréable

Rangs d’honneur : l’utile et l’agréable

Ils viennent de différents horizons, avec leurs propres connaissances. Ce sont des médecins, des ingénieurs, des enseignants et même des artistes. Leur principal point commun étant l’amour de la nature et du social. L’approche est certes différente mais efficace.
Leur action est exclusivement destinée aux populations des régions les plus reculées du Royaume, qui souffrent d’un manque criant d’infrastructures adéquates. "L’approche que nous développons est simple. Une meilleure façon de joindre l’utile à l’agréable puisque, outre les actions sociales, des activités culturelles et ludiques sont inscrites dans le programme. Des randonnées dans les montagnes sont également prévues.", explique Nourreddine Bennani, président de l’association "Rangs d’honneur". À l’origine, cette association était un club de randonneurs. Une équipe de médecins, amoureux de la nature et de l’aventure, effectuait des promenades de loisir dans les montagnes du Grand Atlas marocain.
Lors de leurs séjours, ils prodiguaient des soins aux habitants de la région et leur offraient gratuitement des médicaments. Par la suite, le social a pris le dessus. "Nous avons ressenti le devoir d’aider cette population très pauvre. Ces régions reculées manquent des choses les plus élémentaires et nécessaires de la vie quotidienne. Alors, il a fallu s’organiser pour mener à bien nos activités. D’où l’idée de créer une association." Ainsi, le club des randonneurs est devenu l’association des "Rangs d’honneur". L’idée a séduit de nombreuses personnes de différents horizons qui ont adhéré à l’association. Depuis sa création en 2000, elle a assuré 54 actions sociales dont une à l’extérieur du Royaume, en Mauritanie. Pour étendre son champ d’action, Nourreddine Bennani a créé en 2001 une deuxième association. Il l’a baptisée "Amane".
Un véritable travail de fond est entrepris. "Au préalable, j’effectue une visite d’inspection de la région, pour définir les besoins de la population. Pour garantir à l’opération toute la réussite, j’avise les associations et les autorités locales de notre visite. Nous travaillons ensemble en concertation.
Nous réalisons une action sociale par mois, durant le week-end. La journée du samedi est consacrée au travail, alors que le dimanche est réservé à la randonnée et aux activités de distraction. L’équipe composée de 80 à 100 personnes travaillent en collaboration.
Chaque commission a une mission spécifique.", indique le président de l’association. Ce médecin actif supervise toutes les activités qui se déroulent parallèlement.
Ainsi, des soins médicaux sont prodigués aux habitants de la région. Sont également organisés des ateliers d’initiation aux sons de la musique, de dessin et de lecture, destinés aux enfants de différents âges.
Une meilleure façon, estime-t-il, "d’adoucir les mœurs et de lutter contre l’extrémisme". 
"L’action médicale n’est pas notre seul objectif. Nous l’avons entreprise en premier lieu pour gagner la confiance des habitants et baliser par la suite le chemin à des actions dans différents domaines tels que l’environnement.
Nous avons mené des opérations forestières et environnementales comme la plantation d’oliviers. Nous avons aussi contribué à la création des coopératives. Nos actions s’orientent de plus en plus vers le développement durable.", ajoute Noureddine Bennani. Par ailleurs, dans le cadre des échanges, les habitants, en collaboration avec les autorités locales, organisent à l’honneur des visiteurs des soirées musicales et des exposés sur les hommes d’histoire de la région.
Les randonneurs profitent le temps d’une soirée, après une longue journée de travail, de quelques moments d’allégresse. Dans l’après-midi du dimanche, les membres actifs de l’association se réunissent avec les élus parlementaires et les militants des associations locales pour établir un bilan de l’action et déterminer un plan d’action pour le suivi. Leur prochaine action est prévue pour les 17 et 18 décembre dans la région d’Al Haouz.
"Pour accomplir des actions de développement durable, on n’a pas besoin de grands moyens mais de la volonté des hommes.", conclut Nourreddine Bennani,  président des Rangs d’honneur.

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