Rapport de l’OCDE : Seulement 58% des Marocains scolarisés au collège

Rapport de l’OCDE : Seulement 58% des Marocains  scolarisés au collège

Ce sont seulement 58% des Marocains qui sont scolarisés au niveau du collège. Le chiffre poignant ressort, mardi à Rabat, du rapport de l’OCDE relatif à l’examen multidimensionnel du Maroc.

Pire encore, moins d’une fille sur 4 est, selon la même mouture, inscrite au collège. De plus, les taux d’achèvement sont faibles et les déperditions sont, à leur tour, importantes. Dans ce sens, Juan Ramon De Laiglesia, économiste principal à l’unité des examens multidimensionnels relevant du centre de développement de l’OCDE, précise : «Le système éducatif est peu efficace».

L’analphabétisme qui touche 32% des Marocains

Le rapport relève également que moins de 5 élèves sur 100 obtiennent leur baccalauréat sans aucun redoublement. De surcroît, la qualité de l’éducation constitue une préoccupation majeure pour l’acquisition des compétences de base et la lutte contre l’analphabétisme qui touche 32% des Marocains. Au-delà du système éducatif, le manque d’adéquation entre la formation de compétences et les besoins du marché du travail constitue un handicap majeur pour la croissance et la création d’emplois de qualité. «La croissance économique marocaine est soutenue mais volatile», estime l’économiste. En 2015, moins de la moitié de la population en âge de travailler était en emploi et seulement 22% des femmes. Dans cette lignée, M. De Laiglesia estime que le stock de capital humain, notamment les femmes et les jeunes, pourrait être plus mobilisé sur le marché de l’emploi. «Les inégalités du marché de travail sont fortes et limitent son dynamisme», martèle cet économiste.

De la compétitivité pour promouvoir l’emploi

Pour l’OCDE, le Maroc pourrait capitaliser davantage sur ses atouts de compétitivité. Dans cette optique, la compétitivité est «faible» selon M. De Laiglesia. «Les salaires n’apparaissent plus comme un facteur de compétitivité», enchaîne-t-il. Le potentiel de développement important pour le Maroc réside, selon l’économiste, dans les IDE qui créent relativement beaucoup d’emplois par unités de capital investi.

Ceci étant, malgré une croissance soutenue –près de 5% par an- et des succès notables dans certaines filières comme l’aéronautique et l’automobile, l’économie marocaine peine à faire émerger le développement de secteurs capables de jouer un rôle moteur pour la croissance économique et de générer de l’emploi.

Regards de l’OCDE sur le développement du Maroc

Déjà, le développement est, aux yeux de Mario Pezzini, directeur du centre de développement de l’OCDE et conseiller spécial auprès du secrétaire général de l’OCDE chargé du développement, «un processus compliqué». «Il n’y a pas qu’un modèle de développement», poursuit-il. M. Pezzini rappelle que l’étude entreprise également dans d’autres pays africains et qui est à son premier volume, va continuer dans le temps.

Au Maroc, le développement se distingue, selon M. De Laiglesia, par 4 caractéristiques. Il s’agit de l’action volontariste de l’Etat, la recherche de la stabilité, le choix de l’ouverture internationale et une politique sociale de plus en plus ciblée.

Leviers du développement économique du Maroc

L’économiste avance également des leviers du développement économique du Maroc. Dans cette lignée, M. De Laiglesia  estime que «la croissance n’est pas tirée par la productivité. Celle-ci évolue peu». Pour lui, les écarts de productivité entre les secteurs demeurent importants et la structure de l’économie évolue lentement au Maroc qui a beaucoup d’atouts pour le développement du secteur privé. Aux yeux du chef  de gouvernement, Saad Eddine El Othmani, ce rapport est «pertinent». Pour lui, la réduction des disparités est l’un des défis qui se posent au modèle marocain. Pour information, un 2ème rapport verra, selon M. Pezzini, le jour en janvier prochain.

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