RASD : Qui veut salir la Turquie ?

ALM : Que pensez-vous des informations publiées par le quotidien ”Al Qods”?
Akin Algan : Je vous dirais, tout simplement, que les informations contenues dans cet article sont complètement fausses et dénuées de tout fondement et logique. D’ailleurs, l’ambassade de la Turquie a essayé de contacter le correspondant de cette publication pour émettre un démenti officiel. En vain. Le journaliste demeurait constamment injoignable.
Quel rapport entretient votre pays avec le polisario?
La Turquie n’entretient aucune espèce de relation, ni avec le polisario, ni avec la pseudo-Rasd. En clair, la Turquie n’a nullement l’intention de reconnaître ni le polisario ni sa pseudo-république.
En tant que pays ayant souffert pendant de longues années du terrorisme du PKK, il est inconcevable que la Turquie soutienne le polisario, une organisation que je considère semblable au PKK. Ce serait comme entamer un match de football en inscrivant des buts contre son propre camp.
Quel est la position turque concernant l’affaire du Sahara?
A ce titre, je tiens à vous rappeler que la Turquie a exprimé à plusieurs reprises sa position quant à l’affaire du Sahara. Mon pays souhaite que la solution, fruit d’une négociation politique, s’inscrive dans le cadre de la souveraineté marocaine et sous les auspices de l’Organisation des Nations unies.
N’y a-t-il pas de raison pour que votre position change?
Non seulement il n’y a pas de raison pour que la Turquie change sa position sur l’affaire du Sahara, mais il y a justement plusieurs raisons pour qu’elle ne change pas. Je suis ambassadeur à Rabat depuis deux ans. Je peux vous assurer, et les autorités marocaines vous le confirmeront, qu’il n’y a aucun sujet de dispute entre nos deux pays.
Lors de la visite du Premier ministre, Driss Jettou, en Turquie, le président et le Premier ministre Turcs ont affirmé que nos deux pays partagent la même vision concernant l’affaire du Sahara. Depuis, rien n’a changé.
Pensez-vous que l’affaire du Sahara est un problème entre l’Algérie et le Maroc?
Sur ce point précis, la Turquie a observé une certaine neutralité. Mais l’essentiel pour nous c’est que l’affaire du Sahara soit chapeautée par l’ONU et que la solution respecte la souveraineté marocaine.
Avez-vous entendu parler d’un livre édité au Maroc qui soutient les thèses du PKK?
Je n’ai jamais entendu parler de ce livre.
D’un point de vue sécuritaire, quel rapport entretiennent le Maroc et la Turquie?
Tout d’abord, inutile de vous rappeler que le Maroc est l’un des rares pays au monde où le PKK n’a aucune présence. En mars dernier, le commandant de la gendarmerie turque a effectué une visite au Maroc. A cette occasion, le général Benslimane nous a assuré qu’au Maroc il n’y a aucune activité susceptible de porter atteinte aux intérêts turcs. Aussi, les services de renseignement des deux pays procèdent régulièrement à des échanges d’informations.
Certaines thèses soutenaient que les attentats du 16 mai ont été préparés en Turquie. Qu’en pensez-vous?
Effectivement, ces informations sont apparues sur les colonnes de certains journaux marocains et étrangers. Il s’agirait d’une infiltration d’islamistes turcs dans des organisations terroristes marocaines. A ma connaissance, les services de renseignement n’ont obtenu aucune confirmation de ces informations.
Comment expliquez-vous la sortie de telles allégations?
C’est tout simplement un coup monté irréaliste de votre confrère Mahmoud Maârouf. Irréaliste car le Maroc est le premier pays africain et arabe avec lequel la Turquie a signé un accord de libre-échange. Nos relations économiques et commerciales sont de jour en jour un modèle pour d’autres pays. Et puis, le citoyen marocain est dispensé du visa pour entrer dans mon pays. La Turquie et le Maroc sont les deux pays musulmans les plus ouverts aux valeurs de la démocratie et à la modernité. Enfin, la Turquie est en train de préparer son entrée à l’Union européenne.

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