Recherche scientifique et innovation : L’IRES fait son diagnostic

Recherche scientifique et innovation : L’IRES fait son diagnostic

21.748 publications scientifiques sur la période 2013-2017

L’Institut royal des études stratégiques (IRES) vient de rendre public son rapport sur la recherche scientifique et l’innovation dans le monde arabe. Malgré des efforts réalisés ces dernières années et des résultats encourageants, le Maroc, au même titre que les autres pays arabes, n’arrive pas encore à se forger une place décente dans le domaine de la recherche scientifique et  innovation   par rapport aux autres régions du monde. L’évolution des indicateurs de suivi et de classement le montre clairement. L’effort de recherche, mesuré en rapportant les dépenses en recherche et développement (R&D) au Produit intérieur brut (ratio DIRD/PIB) n’est que de 0,7% au Maroc. Ce qui signifie que le Royaume a investi 0,7% de son PIB en R&D. Il faut noter que la part du PIB consacrée aux activités de recherche et développement ne dépasse pas les 1% dans le monde arabe. Cela dit, le Maroc figure parmi les pays arabes qui comptent le plus de chercheurs. L’IRES en se référant à l’année 2016 signale que le Royaume compte environ 1.068 chercheurs par million d’habitants. Les femmes sont généralement peu représentées dans la population des chercheurs. Au Maroc, elles   sont 36% alors qu’au niveau mondial, elles ne représentent que 28,8%.

S’agissant du financement de la recherche, le document signale que le financement des dépenses intérieures en R&D est majoritairement assuré dans les pays arabes par l’Etat. Toutefois, les Emirats Arabes Unis (en 2014), le Maroc (en 2010), le Bahreïn (en 2014) et Oman (en 2015) ont fait l’exception avec des pourcentages respectifs de financement par les entreprises d’à peu près 74, 30, 22 et 21%. Par ailleurs, durant la période 2008-2017, le nombre global de documents scientifiques publiés à travers le monde, au niveau du Wos (mars 2019), est de l’ordre de 24.254.578. Pour les 22 pays arabes, il est de 473.101, ce qui représente près de 1,95% par rapport au corpus mondial.

Sur la période 2013-2017, cette proportion est montée à 2,35%, avec un changement du leadership qui est passé de l’Égypte à l’Arabie Saoudite.  Sur cette période, la production scientifique arabe présente une forte concentration, essentiellement portée par 6 pays, à savoir   l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et les Emirats Arabes Unis, avec près de 80% du corpus arabe général. Le Maroc a publié 21.748 publications scientifiques sur la période 2013-2017 alors que l’Arabie Saoudite a réalisé à elle seule 90.348 publications. En bas du peloton, la Mauritanie, la Somalie, Djibouti et les Comores accusent un grand retard en termes de volume. Le rapport signale également que le Maroc, la Tunisie et l’Algérie sont les pays arabes les moins ouverts à la collaboration internationale.

En revanche, lorsqu’ils le font, c’est essentiellement avec la France : Maroc (53% du corpus de collaboration) ; Tunisie (55%) et l’Algérie (58%). Concernant la collaboration avec les pays arabes, l’Arabie Saoudite est le premier partenaire scientifique des trois pays leaders du Maghreb, avec une proportion au corpus de collaboration de chacun des trois pays de 13, 7 et 5%, respectivement, pour la Tunisie, l’Algérie et le Maroc. L’IRES fait remarquer que le Maroc ne consacre pas plus de 5% de sa collaboration internationale à la Tunisie ou à l’Algérie.

Pour rappel, le ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique avait signalé qu’en termes de production scientifique, les chercheurs marocains génèrent plus de 7.000 publications scientifiques indexées Scopus par an, avec une hausse atteignant plus de 50% entre 2015 et 2017. Ainsi, la moyenne nationale est de 0,5 publication par chercheur par an pour la totalité des enseignants chercheurs marocains. S’agissant du dépôt des brevets, ils sont aux alentours de 100 chaque année. En 2018, ce sont 121 brevets qui ont été enregistrés au nom des universités et centres de recherche, ce qui porte à 65% du total des demandes de brevets celles qui sont d’origine marocaine, selon les chiffres présentés par le responsable gouvernemental.

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