Réconciliation et sens de l’éthique

Le secrétaire général du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH), Driss Benzekri, vient de confirmer sa détermination à défendre ses positions jusqu’au bout, quitte à se jeter dans les bras de ses détracteurs. En effet, depuis sa nomination au poste de secrétaire général du CCDH, M. Benzekri n’a jamais cessé de faire l’objet de critiques de la part de bon nombre de ses anciens amis. Surtout des directions du Forum pour la Vérité et la Justice et de l’AMDH ( Association marocaine des droits humains), connus pour leurs positions radicales, notamment en ce qui concerne le règlement des questions du passé. Intervenant lors d’un séminaire organisé samedi à Paris par le « Forum pour la Vérité et la Justice », et auquel ont pris part plusieurs associations et ONG marocaines et françaises de défense des droits de l’Homme, M. Benzekri a affirmé que l’instance « Equité et réconciliation », qui vient d’être créée avec l’accord et l’approbation de SM le Roi, est basée sur la recherche de la vérité et l’instauration d’un nouveau concept des droits de l’Homme au Maroc. Et de souligner, en des termes qui tranchent avec les prétentions de ses adversaires, que la recommandation du CCDH acceptée par SM le Roi, a été élaborée avec la collaboration de plusieurs ONG, de syndicalistes, de juristes indépendants et de représentants des formations politiques. Plus moyen donc de parler d’un quelconque monopole de l’Etat. Cette instance, dit-il, a désormais en charge la poursuite du règlement extrajudiciaire des violations des droits de l’Homme liées aux disparitions forcées et aux détentions arbitraires qui ont eu lieu par le passé. Elle a également pour « objectif de répondre favorablement aux demandes et aux suggestions des familles des victimes concernant les cas des personnes déclarées décédées, rechercher les sépultures et établir les responsabilités des différents appareils de l’Etat », a –t-il ajouté. Rappelant que le contenu de la recommandation du CCDH, basé sur les discours de SM le Roi, notamment le premier discours du trône du 30 juillet 1999 dans lequel le Souverain s’est dit « extrêmement attaché (…) à l’Etat de droit, à la sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés individuelles et collectives, et au maintien de la sécurité et de la stabilité pour tous », M. Benzekri a réaffirmé que le principal programme que s’assigne l’instance vise la recherche de la vérité sur les disparitions forcées, la détention arbitraire et la poursuite du règlement extrajudiciaire des violations des droits de l’Homme. Mettant l’accent sur la nécessité de la réparation du préjudice, le secrétaire général du CCDH a estimé que celle-ci ne doit pas se limiter aux indemnisations mais doit également englober la réhabilitation, au sens individuel et collectif, des victimes. Un volet qui ne rencontre aucune réticence de la part des personnes concernées et des ONG oeuvrant dans ce domaine. Et de conclure qu’un nouveau délai va être proposé pour l’indemnisation des familles et des ayants droit des victimes, et pour la restitution des biens confisqués. A ceux qui le poussaient à se prononcer sur la responsabilité de l’Etat, il a rétorqué en indiquant que l’instance «Equité et réconciliation » présentera à la fin de son mandat un rapport détaillant les causes, les motivations politiques et les responsabilités durant les quarante dernières années. Enfin, une précision de taille : la commission fera des propositions au pouvoir exécutif afin qu’il puisse prendre des décisions, mais « n’a pas compétence à divulguer les noms des responsables ni à remplacer la justice ». Bref, sans doute, cette percée fera date. Car, il n’est pas facile d’aller faire face à des adversaires sur leur terrain d’action.

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