Recrudescence des accidents de la circulation : Le cercle infernal

Recrudescence des accidents de la circulation : Le cercle infernal

Deux accidents de la route ont, à quelques heures d’intervalle, fait plus de morts que ce qu’occasionne la circulation automobile à l’intérieur des villes en une semaine. Une dizaine de morts près de Nador, dix-sept décès entre Essaouira et Agadir, des dizaines de blessés dont certains gravement, c’est le triste bilan des transports publics en cette saison estivale qui démarre à peine. C’est plus que la vingtaine de morts à laquelle nous ont habitués les communiqués relatant l’évolution des accidents de la circulation à l’intérieur des périmètres urbains.
Dans les deux cas, ce sont des autocars qui sont en cause et si on sait que cela s’est passé en zone montagneuse, on en ignore le moment exact. Dans les deux cas, l’excès de vitesse est prouvé. Les déclarations des rescapés ne laissent aucun doute la-dessus. D’où la question: pourquoi roulent-ils à tombeau ouvert ? Du côté des courtiers de la station des autocars de Rabat, on comprend, mais on n’excuse pas. «Comment faire autrement que de rouler à grande vitesse quand le patron vous demande de faire des rotations de plus en plus rapides. Si vous ne le faites pas, il vous renvoie et embauche un autre. C’est aussi simple que ça». Ou encore : «Ces accidents sont compréhensibles à un moment où du fait des vacances les routes sont bondées et que leur état est déplorable».
Cependant, les choses ne sont pas aussi simples. L’état des véhicules est également critiqué. Selon cet avis, la responsabilité de la sinistralité est partagée entre les propriétaires et les centres de visites techniques. Si les premiers ont tendance à faire l’impasse sur les frais de maintenance, les seconds feraient preuve de laxisme afin de fidéliser leur clientèle. Ils y seraient contraints par la prolifération des établissements du genre souvent établis à moins de 300 mètres -distance légale- les uns des autres.
Une chose est sûre cependant : le «nouveau» Code de la route n’a manifestement pas eu d’impact notable sur la sinistralité induite par les excès de la conduite automobile. Depuis sa mise en œuvre, le bilan des accidents comme le nombre des victimes n’ont pratiquement pas baissé. Chaque semaine il fait état d’une moyenne de vingt morts et autant de blessés, ce que les états publiés sous l’ancien régime établissaient déjà. Pour ce patron d’auto-école, le problème et donc ailleurs. «Ce n’est pas le code qui est le plus important, mais son respect. L’essentiel de notre enseignement est de convaincre nos clients de la nécessité d’observer les règles de bonne conduite. Car le comportement de l’usager sur la route n’engage pas seulement sa propre sécurité, mais celle des autres, également».  Sauf que les auto-écoles ne font pas l’unanimité. Il est des voix qui affirment que l’origine de la trop grande accidentologie sur les routes est imputable pour une part à l’enseignement de la conduite automobile dans ces établissements. Mais pas seulement, ces prétendues insuffisances seraient continuées par le laxisme des examinateurs qui dispensent des permis en n’y regardant pas de trop près.
Alors, quelle solution pour ces accidents qui endeuillent régulièrement les familles ? Sans doute un plan de réaménagement global qui en associant usagers et contrôle à l’œuvre commune, insiste sur une plus grande rigueur en matière d’application des textes. «Ce qu’il faut c’est une campagne en continu contre les chauffards et non pas comme il se fait actuellement, des interventions épisodiques».

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