Redonner confiance aux MRE

Homme d’affaires, ce quinquagénaire a pourtant débuté en tant que syndicaliste. De 1961 à 1968, il était Secrétaire général de la JOM (jeunesse ouvrière marocaine) à Jerada et membre provincial de la JOM à Oujda. Né à Figuig en 1947, l’ancien chef de bureau aux achats à la Mine de charbonnage du Maroc, fera un long parcours, riche en expériences, notamment en activités socio-économiques et même sportives.
Au début des années 70, il commence à s’intéresser aux MRE en raison de sa connaissance de plusieurs immigrés et qui ont sollicité son aide. «C’était la moindre des choses envers ces marocains dont la rentabilité en devises à leur pays dépasse les revenus issus de l’exportation de phosphates», explique M.Elfiguigui. Depuis, son intérêt pour les MRE est devenu parmi ses préoccupations majeures. Engagé dans plusieurs associations locales, son expérience en matière de relations publiques allait être très utile aux immigrés marocains. C’est ainsi qu’il se retrouvera plus tard en tant que coordonnateur de la Fédération des Associations marocaines en Europe et de la Fédération des Amicales des travailleurs et commerçants marocains en France.
A ce propos, M.Abdelkader livre ses propres conceptions de l’immigration «D’abord ce fut l’appel des pays européens à la main d’oeuvre marocaine pour reconstruire les villes détruites durant la seconde guerre mondiale . Les Marocains ont ainsi contribué à l’édification de la nouvelle Europe et s’y sont installés notamment en France, en Belgique , en Hollande etc. , après avoir combattu pour la libération du vieux continent et l’instauration de la démocratie. A l’origine donc, l’immigration fut une réponse à un appel à l’aide . Aujourd’hui, ce phénomène a pris une autre orientation plus économique : c’est la recherche d’un avenir confortable. Ainsi, une nouvelle génération de marocains diplômés de grandes écoles est née et travaille dans les pays européens. L’immigration a également pris l’habit dramatique des «Pateras» qui a conduit de nombreux concitoyens à quitter le Maroc en mettant leurs vies en danger. Le phénomène est donc très préoccupant aujourd’hui et il faut lui trouver les solutions adéquates.» Selon lui, les émigrés marocains ont du, dès les premiers jours de leur installation dans les pays d’accueil, s’organiser de façon à rester unis autour de leurs valeurs communes, pour ce faire, ils se sont constitués en amicales puis plus tard en fédérations .
Ces instances ont permis à tous ces Marocains de rester attachés à leurs traditions, à leur religion, à leur patrie et à leurs familles.
«en tant qu’émigrants, responsables d’amicales et de fédérations, nous constatons une dérive organisée par certains de nos concitoyens au sujet de la situation des MRE. Pour quelles raisons s’en prend-on aux amicales alors même que ce sont ces instances qui ont défendu les émigrés en France comme ailleurs?», s’interroge-t-il. Si on parle souvent de ces milliards de l’immigration qui arrive chaque année, il ne faut pas oublier que cet argent qui sert au développement est parfois mal géré. C’est ainsi que le marocain résidant à l’étranger qui veut investir dans son pays est confronté à toutes les difficultés du monde. Il doit s’engager dans des batailles administratives et judiciaires et autres. Le remède est simple : «ces actions fâcheuses dénaturant les relations entre les MRE et leur pays doivent cesser. Ainsi, les MRE pourraient avoir beaucoup plus de confiance en leur administration et par là augmenter sensiblement leurs investissements. Les instances concernées doivent agir en faveur des MRE auxquels SM le Roi Mohammed VI accorde sa Haute bienveillance», conclut M.Abdelkader. Un «voeu» que tous les Marocains espèrent voir se réaliser, dans l’intérêt général de notre pays.

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