Régions de Zagora et Tinghir: Le mariage des mineures touche 56% des fillettes

Régions de Zagora et Tinghir: Le mariage des mineures touche 56% des fillettes

Pour donner une idée sur l’ampleur du phénomène, la Fondation Ytto a mené du 21 juillet au 4 août 2015 une caravane sociale dans les régions de Zagora et Tinghir. Intitulée «Touda Khatoune», cette opération avait pour but, outre les consultations médicales et juridiques, de collecter des informations sur la situation des femmes et des filles dans des zones particulièrement marginalisées.

Il en découle que le mariage des mineures est monnaie courante dans ces deux régions. La Fondation constate que le mariage des mineures touche 56% des filles dans ces régions. Autre chiffre alarmant: 71% des mineures se sont mariées sans actes de mariage c’est-à-dire par la Fatiha.

«Au fil des années et à travers les différentes caravanes organisées, nous avons pu constater que le mariage des mineures  est très élevé dans les régions de Midelt, Azilal, Zagoura et Tinghir», indique la présidente de la Fondation Ytto, Najat Ikhich. L’explosion de  ce phénomène s’explique par le manque voire l’absence de sensibilisation. «Ces jeunes filles savent qu’il existe un code de la famille mais elles n’ont aucune notion de son contenu.

Elles ignorent que l’acte de mariage est la seule preuve légale de l’union conjugale», affirme Mme Ikhich. Les autorités en l’occurrence le ministère de la justice, sont témoins de ce phénomène qui prend des dimensions préoccupantes et ne font rien pour le contrecarrer. La présidente de la Fondation rappelle une fois de plus que ces mariages constituent une violation des droits de l’enfant et les assimilent à des actes pédophiles. «Il est scandaleux de marier une fille de 13 ans à un homme âgé de 50 ans et plus», déplore-t-elle.

L’autre principal constat qui se dégage de cette caravane est l’analphabétisme dans ces régions. Le taux d’abandon scolaire est très élevé. Selon la Fondation, 67% des filles ne sont pas scolarisées. Seules 5% parviennent à franchir le secondaire. Elles ne sont que 2% à intégrer l’université. «Avec une moyenne de 18,5, les parents n’hésitent pas à retirer leurs enfants de l’école», signale Mme Ikhich. Il faut dire que la pauvreté, l’éloignement des écoles et le manque d’équipements explique en partie le mariage des mineures. «Les écoles  sont surpeuplées avec 60 élèves par classe et les filles se retrouvent à dormir à 40 dans un dortoir. A ceci s’ajoute, le fait que les parents refusent que leurs filles dorment en dehors de chez elle, à Dar Taliba. Comment voulez-vous que ces filles poursuivent leur scolarité dans ces conditions ?», s’interroge Najat Ikhich. Outre le manque d’infrastructures et l’analphabétisme, c’est toute une mentalité infériorisant la femme qui perdure dans ces zones enclavées.

Signalons que 60 personnes ont participé à cette caravane qui a sillonné 8 communes et plus de 40 douars. Notons que 14.313 personnes ont bénéficié directement des services de la caravane à savoir des consultations médicales et juridiques. S’agissant des consultations médicales, 570 tests de dépistage de diabètes ont été réalisés.

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